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Aluminium: la dispute commerciale devrait être officiellement lancée sous peu

Émilie Bergeron | Agence QMI

Agence France-Presse

Les tarifs réimposés par l’administration américaine de Donald Trump sur l'aluminium canadien doivent officiellement entrer en vigueur dimanche et le gouvernement Trudeau continue de plancher sur ses mesures de représailles.

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«Cette réponse-là du Canada va être appropriée dans les circonstances parce qu’on sait à quel point l’industrie de l’aluminium, c’est important au Québec», a dit le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, vendredi.

C’est la vice-première ministre Chrystia Freeland qui pilote le portfolio des relations canado-américaines, mais M. Champagne a indiqué en entrevue avec l’Agence QMI avoir discuté récemment avec des intervenants du secteur de l’aluminium.

Le président américain avait, comme plusieurs le redoutaient, annoncé jeudi dernier des tarifs de 10 % sur l’aluminium canadien, dans sa forme primaire, qui doivent entrer en vigueur le 16 août.

Mme Freeland s’était alors empressée de signaler qu’Ottawa planchait déjà sur une liste de produits américains sur lesquels on menace d'imposer une taxe qui équivaudrait, «dollar pour dollar», aux surtaxes «inutiles», «inacceptables» et «absurdes» des Américains.

Sur la longue liste préliminaire du gouvernement Trudeau, soumise à une consultation de 30 jours auprès des Canadiens, on retrouve des produits comme des réfrigérateurs, des machines à laver, des bicyclettes et même de l’équipement de sport comme des clubs de golf.

La période de 30 jours commencera officiellement dimanche pour se terminer le 16 septembre.

«Nous avons espoir que, quand les Américains regarderont la liste, ils [se] diront que d’avoir une dispute sur des tarifs est une très mauvaise idée», avait lancé Mme Freeland en précisant que les éventuelles mesures de représailles canadiennes équivaudraient à 3,6 milliards $.

Son bureau n’a pas répondu dans l’immédiat à la demande d'entrevue de l’Agence QMI, vendredi, mais le ministre Champagne a indiqué que sa collègue avait des «contacts réguliers avec les autorités américaines».

Rappelons que, durant les négociations en vue de renouveler l’Accord de libre-échange nord-américain, l’administration de Donald Trump avait imposé des tarifs supplémentaires sur l’aluminium canadien et aussi, cette fois-là, sur l’acier.

Survenus à la fin de mai 2018 à la hauteur de 25 % pour l’acier et de 10 % pour l’aluminium, ces tarifs étaient restés en place jusqu'en mai 2019.