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Royaume-Uni: les voyageurs pris au dépourvu par les mesures de quarantaine

Agence France-Presse

Trains et avions complets, prix des billets exorbitants: la quarantaine obligatoire imposée par le Royaume-Uni aux voyageurs arrivant de France bouscule vendredi les projets de centaines de milliers de vacanciers en colère ou stressés, certains tentant de rentrer à tout prix en catastrophe pour y échapper.

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La décision britannique, expliquée par une recrudescence de l'épidémie en France, s'applique dès samedi à 4h, laissant quelques heures aux voyageurs pour revoir leurs plans et arracher les derniers billets de train, d'avion ou de ferry disponibles pour éviter l'isolement.

Vendredi, les trois vols Air France à destination de Londres-Heathrow affichaient complets, tout comme les huit Eurostars à destination de la capitale britannique, dont les derniers tickets se sont arraché dans la journée pour la somme de 241 euros minimum l'aller simple (entre 25% et 182% de plus par rapport aux jours suivants). 

Eurotunnel a fait savoir que ses navettes dans le tunnel sous la Manche étaient complètes jusqu'à samedi matin, alors qu'environ 160 000 vacanciers doivent rentrer de France vers le Royaume-Uni, selon le gouvernement britannique.

La France a averti que la décision britannique entraînerait «une mesure de réciprocité», affectant potentiellement les résidents en France actuellement sur le sol britannique.

Paul Trower, retraité britannique, a choisi le ferry pour écourter ses vacances. «Ma femme travaille et je dois m'occuper de ma petite fille», a-t-il confié à l'AFP à Calais.

AFP

Antoine est aussi rentré précipitamment à Londres, en Eurostar. «Je suis serveur dans un petit café, à côté de ma fac. Je ne peux pas me permettre de passer 14 jours chez moi!», a dit à l'AFP cet étudiant de 23 ans interrogé à la gare St Pancras.

L'obligation de quarantaine fera rater la rentrée scolaire aux enfants dont les familles rentreront la seconde moitié du mois d'août.

2669 contaminations 

La quarantaine sera aussi obligatoire pour les voyageurs en provenance de Monaco, de Malte, des îles Turques-et-Caïques, d'Aruba et des Pays-Bas, qui a en réaction déconseillé tout voyage non nécessaire au Royaume-Uni, sans pour autant imposer des contre-mesures.

Dès fin juillet, la mesure avait été réintroduite sans avertissement pour les passagers en provenance d'Espagne, destination touristique préférée des Britanniques, puis à la Belgique.

Le Royaume-Uni, pays d'Europe le plus touché par le virus, déplore plus de 41 000 décès et veut éviter l'importation de nouveaux cas alors qu'il connaît lui-même une résurgence.

«Nous avons fait tellement d'efforts dans ce pays pour abaisser les niveaux (de transmission du Covid-19), la dernière chose que nous voulons c'est que des gens reviennent et ramènent le virus», a plaidé le ministre des Transports Grant Shapps sur la BBC. 

La décision britannique intervient alors que les indicateurs de suivi de l'épidémie de Covid-19 en France «continuent de se dégrader», a indiqué jeudi la Direction générale de la Santé (DGS), avec un nombre de nouveaux cas confirmés qui «augmente régulièrement».

La France affichait jeudi 2669 nouvelles contaminations au virus -son plus haut bilan journalier depuis mai-, quand le Royaume-Uni en dénombrait 1.441 vendredi, un record pour ces deux derniers mois. 

«Roulette»

La quarantaine est une mauvaise nouvelle pour les secteurs du tourisme et des transports, déjà très pénalisés par la situation sanitaire. «Cela ne manquera pas d'avoir un impact sur le secteur aérien, déjà perturbé», a réagi dans un communiqué IAG, propriétaire de British Airways. «La saison, déjà très mauvaise, va être encore pire», a estimé pour sa part le directeur général de Brittany Ferries, Christophe Mathieu.

Un porte-parole de l'aéroport londonien d'Heathrow a comparé la mesure à la «roulette», plaidant pour d'autres solutions. L'association des compagnies aériennes britanniques Airlines UK a évoqué un «nouveau coup dur dévastateur», demandant plutôt une politique de test à l'arrivée «de façon à ce que ceux qui sont négatifs puissent éviter de se confiner».

En parallèle de cette nouvelle mesure, le gouvernement britannique a annoncé la réouverture samedi en Angleterre des casinos, bowlings et patinoires, ainsi que des théâtres et salles de spectacles pourvu qu'ils maintiennent une distanciation physique entre les clients. Prévue initialement début août, cette étape du déconfinement avait été repoussée en raison de la résurgence des cas.