/regional/estduquebec/basstlaurent

Un survivant du suicide lance un message d'espoir

Catherine Boucher | TVA Nouvelles

Le 18 février dernier, la vie de Roger Ross et de ses proches a été complètement chamboulée. Alors qu'il souffrait d'une dépression majeure, il a tenté de mettre fin à ses jours. Aujourd'hui, il tient à sensibiliser ceux qui traversent aussi des moments plus sombres pour qu’ils n’hésitent pas à demander de l'aide avant de commettre l'irréparable.

«N'ayez pas peur d'en parler à votre famille, votre conjoint(e), vos enfants, vos ami(e)s. Si vous n'êtes pas à l'aise, il y a des organismes qui sont là pour ça comme S.O.S. Suicide. Il ne faut pas se sentir coupable ou gêné de le faire. C'est ce que j'aurais dû faire au départ mais comme bien des gens, on pense que ça va s'arranger mais quand ça ne va pas, ça ne va pas. Il faut demander de l'aide», témoigne le père de famille.

L'homme de 60 ans est brûlé à différents degrés sur 30 % de son corps. Son visage, ses mains et ses jambes sont les régions les plus sévèrement touchées par les brûlures. Malgré tout, M. Ross reprend goût à la vie et se considère chanceux d'être encore auprès de ses proches. Pour lui, c'est un peu comme une seconde chance.

«Ça va beaucoup mieux. Après ma tentative, je me suis dit que j'avais fait la plus grosse bêtise de ma vie. Je pense que ceux qui ont traversé la même épreuve savent ce que je veux dire», mentionne avec émotion M. Ross.

Il peut d'ailleurs compter sur le soutien indéfectible de son entourage.

«J'ai réalisé qu'il y a beaucoup plus de gens qu'on pense qui nous aiment et qui sont là pour nous supporter. Quand on sort de ça on se rend compte qu'on a commis des gestes qu'on n'aurait jamais dû faire parce qu'on fait souffrir nos proches», constate-t-il.

«Après coup on se dit: j'aurais dû. Mais quand on est là-dedans, ça se vit autrement», ajoute sa conjointe, Lise Gagné.

En parler pour démystifier les tabous

La maladie mentale et le suicide demeurent des sujets encore tabous de nos jours. Roger Ross et ses proches tenaient à envoyer un message d'espoir aux gens qui traversent des épreuves difficiles car personne n'est à l'abri d'une dépression.

«On n'aurait jamais cru que ça aurait pu arriver dans notre famille. C'est quelque chose qu'on pense qui pourrait arriver juste aux autres», admet l'une de ses filles, Catherine Ross.

Depuis, l'homme originaire de Sainte-Luce, dans le Bas-Saint-Laurent, réalise les répercussions qu'un tel geste peut avoir sur ceux qui restent.

«Lors d'une tentative de suicide, c'est les proches qui sont jugés. Souvent, il y a des signes avant-coureurs mais ce n'est jamais clair», explique-t-il.

«On a assez de le vivre ... on n'a pas besoin de se sentir jugé des gens qu'on croise», poursuit sa partenaire de vie.

Aucune aide gouvernementale existante

L'une de ses filles déplore le manque de soutien financier pour les gens dans la même situation que son père. On lui aurait dit que pour obtenir l'aide de dernier recours, il devait d'abord se départir de ses biens. En raison de ses brûlures et de la perte de sa motricité, l'ancien capitaine de bateau n'est pas éligible à retourner au travail. Dans de pareilles circonstances, difficile de joindre les deux bouts pour payer les factures. Ils demandent à ce qu'un programme d'indemnisation soit envisagé par le gouvernement afin d'aider les familles et les gens endeuillés.

«Les gens qui font une tentative de suicide et qui ont des limitations au niveau du travail n'ont pas d'aide du tout finalement», déplore Catherine Ross.

Pour subvenir aux besoins de leur père, ses enfants ont lancé une campagne de sociofinancement. Ils peuvent également compter sur le soutien de certains commerces locaux comme le Marché Richelieu de Sainte-Luce. La famille tient à remercier tous les gens qui ont généreusement contribué aux dons amassés jusqu'à présent. Ils tiennent aussi à dire merci à tous les membres du personnel en soin de santé pour leur écoute, leur dévouement et leur aide dans cette épreuve.

Vous traversez des moments difficiles? N'hésitez pas à demander de l'aide: 1-866-APPELLE.