/news/politics

2e vague: les PDG du réseau de la santé seront imputables, prévient François Legault

Alain Laforest | TVA Nouvelles

Le premier ministre François Legault a presque terminé sa tournée des régions du Québec au cours de laquelle il a eu l'occasion de rencontrer les dirigeants du réseau de la santé.  

En entrevue avec TVA Nouvelles à La Sarre, M. Legault fait un constat surprenant. 

«Moi, j'ai été surpris de voir dans que dans plusieurs CHSLD au Québec, il n'y a pas de patron! Je dis souvent, quand il y a cinq personnes responsables, il n'y a personne de responsable», se désole le premier ministre.  

Le Québec a affiché le pire bilan au pays lors de la première vague de la COVID-19, avec plus de 5700 décès. 

«Il faut que les erreurs qu'on a commises dans la première vague dans les CHSLD soient corrigées», insiste-t-il. 

Il souligne d’ailleurs les problèmes de communications entre le ministère de la Santé et les responsables des établissements qui, selon lui, ne doivent plus survenir.  

Pas de blâme pour les employés  

François Legault ne montre pas du doigt les employés pour les ratés dans les CHSLD, mais plutôt les patrons. 

Il soutient que ces derniers n'ont pas suivi les consignes émanant du gouvernement, n'ont pas appelé à l'aide lorsqu'il manquait de personnels et n'ont pas réclamé assez rapidement de l'équipement de protection. 

«J'ai demandé au nouveau ministre de la Santé, Christian Dubé, de déposer un plan. Il va s'assurer que les PDG de CISSS et les patrons des CHSLD soient imputables, soient responsables et aussi qu'ils fassent rapport régulièrement», prévient François Legault.    

Le plan Dubé va mettre l'accent sur l'imputabilité 

Le premier ministre a brassé ses cartes en juin et a placé un homme qui n'est pas issu du réseau de la santé, mais qui a plutôt une mentalité d'entrepreneur, à la tête du plus gros ministère de l'État québécois.  

Il a aussi changé les hauts fonctionnaires qui entourent le ministre Dubé avec l’objectif de donner plus de mordant à la gestion du réseau. 

Il ne change pas les structures, mais les hauts dirigeants devront maintenant répondre de leurs décisions en cas de 2e vague de COVID, ce qui n'a pas été le cas, a-t-il constaté.  

«Dans ma tournée, dans tel CHSLD, j'ai posé la question : il y a eu 50 infections, avez-vous mis dehors le DG ?» 

«Non!, lui répond-on, ce n'était pas vraiment lui le responsable.» 

Une réponse qui l'a laissé sans voix. Voilà pourquoi il réclame l'imputabilité. 

«Il va y avoir des conséquences. Il faut qu'il ait des conséquences. On ne peut pas se permettre de dire : "il y a eu des erreurs humaines, malheureusement il y a eu 10, 20 décès dans tel CHSLD parce qu'on n'a pas porté l'équipement "», avance François Legault. 

«Il faut qu'il ait quelqu'un qui soit responsable de s'assurer que tous les employés portent, au moment requis, l'équipement de protection, en commençant par les masques», poursuit le premier ministre. 

Résultat : il y aura maintenant des patrons dans tous les établissements. 

«Il y a 400 CHSLD. Il y en a qui ont déjà un patron ou une patronne. C'est possible, parmi les employés, d'en nommer un avec une certaine autorité sur les autres employés. Dans certains cas, ça voudra dire des embauches», affirme M. Legault qui s'attend à une chaîne de communication beaucoup plus efficace cet automne. 

C'est du moins le message qu'il a passé lors de sa tournée, dit-il. 

Des hôpitaux dédiés  

Le plan Dubé va aussi prévoir, entre autres, des équipes volantes pour aller soutenir les établissements en cas d'éclosions et où il y a un manque de personnel. 

Ce fut particulièrement le cas dans la grande région de Montréal qui a été durement éprouvée durant la première vague.  

François Legault souligne qu'il y aura des hôpitaux désignés COVID-19 dans chaque région. 

«Je n'ai pas tous les détails du plan qui va être déposé par Christian Dubé, probablement la semaine prochaine, on va désigner tous les hôpitaux pour Montréal et les régions», indique-t-il. 

M. Legault affiche tout de même un certain optimiste. Il estime que le Québec sera moins touché s'il y a une deuxième vague puisque les anges gardiens ont acquis de l'expérience au fil des mois. 

«C'est certain qu'on est encore un peu dans l'inconnu pour l’éventuelle 2e vague, mais franchement, on risque d'avoir 90% moins de cas que la première vague parce que lors de la première vague, on était totalement dans l'inconnu», espère-t-il. 

Le premier ministre est conscient qu'il sera jugé d’après les résultats obtenus avec le plan Dubé.