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Coronavirus: l’Espagne durcit les restrictions pour freiner la contagion

Agence France-Presse

La fermeture des discothèques et l'interdiction de fumer dans la rue ont été étendues lundi à de nouvelles régions d'Espagne pour freiner le rebond de contagions du nouveau coronavirus, dans un pays qui a connu plus de 16 000 nouvelles infections depuis vendredi.

L'Andalousie (sud), la Castille-et-Leon (centre), la Galice, la Cantabrie (nord), les îles Baléares et le Pays Basque (nord-ouest) ont pris officiellement lundi ces mesures, déjà en vigueur depuis dimanche dans la Rioja (nord) et la région de Murcie (sud-est), soit six régions sur les 17 que compte l'Espagne.

Ces mesures ont été annoncées vendredi par le gouvernement central, mais ce sont les régions, compétentes en matière de santé, qui sont chargées de leur application.

Les discothèques et bars de nuit devront de nouveau fermer leurs portes et les restaurants ne pourront plus accueillir de clients après minuit.

Il sera en outre interdit de fumer dans la rue lorsqu'il n'est pas possible de maintenir au moins deux mètres de distance avec les autres personnes, les réunions seront limitées à dix personnes et les visites aux maisons de retraite restreintes.

L'Espagne compte désormais près de 360 000 cas, avec une augmentation de 16 269 nouveaux cas depuis vendredi.

«Ce ne sont pas de bons chiffres, nous aimerions avoir des chiffres beaucoup plus bas», a indiqué le directeur du centre des urgences sanitaires, Fernando Simon. Il s'agit toutefois «d'une augmentation progressive, douce, plus modérée et plus facile à contrôler qu'en d'autres périodes», a-t-il ajouté.

Les mesures de restrictions ont été conspuées dimanche lors d'une manifestation à Madrid qui a réuni entre 2500 et 3000 personnes, selon un porte-parole de la préfecture.

Criant «liberté» et brandissant des inscriptions «le virus n'existe pas» ou «les masques tuent», les manifestants convoqués par les réseaux sociaux dans le centre de la capitale espagnole dénonçaient une exagération des chiffres de la pandémie destinée selon eux à justifier les restrictions de libertés.

Un grand nombre de manifestants ne portait pas de masques, obligatoires à l'extérieur dans toute l'Espagne.

«Ce qui s'est passé sera puni avec la plus grande sévérité», a déclaré lundi le préfet de Madrid, José Manuel Franco.

Le gouvernement régional du Pays basque a déclaré lundi l'état «d'urgence sanitaire», qui lui permettra de prendre des mesures plus sévères que celles des autres régions, comme des restrictions locales de déplacement, devant «un possible tsunami» de contagions.

L'Espagne est le pays d'Europe occidentale qui compte le plus de cas positifs, avec près de 343 000 cas, et une moyenne de 115 cas pour 100 000 habitants depuis deux semaines, bien au-dessus des 45 recensés en France, 19 au Royaume-Uni et 16 en Allemagne.

Néanmoins, une grande partie des nouveaux cas détectés sont asymptomatiques et la létalité du virus a considérablement diminué: depuis la fin du très strict confinement le 21 juin, moins de 300 décès ont été enregistrés sur les 28 617 morts officiellement comptabilisés depuis le début de la pandémie.