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Chrystia Freeland remplace Bill Morneau aux Finances, l'opposition ne décolère pas

Émilie Bergeron | Agence QMI

Le premier ministre Justin Trudeau se défend d’avoir changé de ministre des Finances et d’avoir mis les travaux parlementaires sur la glace dans le but d’étouffer l’affaire WE Charity.

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«Le Parlement doit soutenir un nouvel agenda qui répond au nouveau monde dans lequel on vit», a martelé le chef libéral, mardi, en indiquant que son équipe présentera, le 23 septembre, une feuille route sur la relance économique en contexte de COVID-19.

C’est sous la forme d’un discours du Trône que le gouvernement minoritaire soumettra ses grandes orientations. Il fera ainsi face à un vote de confiance.

Dans l’intermède, les libéraux ont prorogé le Parlement avec l’accord de la gouverneure générale Julie Payette, ce qui a pour effet de mettre un frein aux travaux des comités parlementaires qui enquêtent sur l’affaire We Charity.

«Les députés de l’opposition [...] vont avoir la chance d’approuver le plan qu’on présente pour une relance de notre économie plus juste et plus équitable pour tous ou de ne pas l’approuver. C’est le cœur de la démocratie», a insisté M. Trudeau, semblant ainsi mettre les partis d’opposition au défi de faire tomber son gouvernement.

Invité à clarifier ses intentions, il a toutefois assuré qu’il souhaite survivre à l'exercice plutôt qu'un déclenchement d'élections.

Aux côtés de sa nouvelle ministre des Finances, Chrystia Freeland, il a assuré qu’il n’augmenterait pas les taxes et impôts malgré un déficit record de 343 milliards $ gonflé par la COVID-19.

La vice-première ministre, en plus de succéder à Bill Morneau, devient la première femme à occuper un tel poste dans l’histoire du Canada. «Il était grand temps que nous brisions le plafond de verre», a lancé celle qui conserve son rôle de numéro 2 du gouvernement.

Le portfolio des Affaires intergouvernementales, dont elle était responsable, passe de son côté à Dominic LeBlanc, qui a déjà porté ce chapeau auparavant.

La décision de proroger le Parlement a fait bondir les partis d’opposition qui promettent de ne pas faire baisser la pression après près de deux mois de flammèches causées par la controverse WE Charity.

«Si le but de la prorogation annoncée par le premier ministre est d’abord de mettre le couvercle sur le scandale [...], ça ne marchera pas», a signalé le Bloc québécois, qui menaçait depuis des semaines de tenter de défaire le gouvernement à l'automne.

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh a de son côté accusé les libéraux de faire payer aux Canadiens «le prix de [leurs] scandales» en mettant sur pause le Parlement en pleine pandémie.