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Les Québécois perdent leur Cirque

C’est la fin de l’actionnariat québécois au sein du Cirque du Soleil. Un groupe de créanciers du Canada anglais et des États-Unis va en prendre le contrôle au terme d’un processus de mise à l’enchère de l’entreprise. 

Les parties qui voulaient soumettre une offre pour le fleuron québécois en déroute avaient jusqu’à mardi à 17 h pour ce faire.

De source sûre mardi soir, c’est finalement l’offre d’un groupe de créanciers du Cirque regroupés autour du fonds torontois Catalyst Capital qui a été retenue par le contrôleur Ernst & Young.

Les fonds américains CBAM (contrôlés par un des propriétaires des Dodgers de Los Angeles), Sound Point et quelques autres font aussi partie de ce groupe de créanciers qui remportent donc l’enchère pour le Cirque qui s’était placé sous la protection des tribunaux.

En vertu de cette offre qui était considérée comme celle d’amorce pour le Cirque, ces créanciers du Cirque acceptent d’annuler quelque 900 millions $ US (1,18 milliard $ CA) de dette qui leur est due et s’engagent à injecter 375 millions $ US (493 millions $ CA) dans l’entreprise pour sa relance.

Ils se sont aussi engagés à maintenir au Québec le siège social de l’entreprise pour cinq ans.

«Les créanciers amènent un excellente sortie de crise pour le Cirque. La recapitalisation à venir va fournir aux employés, aux artistes et aux partenaires une plateforme revigorée pour offrir des spectacles à une audience mondiale», a commenté mardi soir Gabriel de Alba, gestionnaire et responsable du dossier Cirque chez Catalyst.

«Avec les récents problèmes du Cirque derrière nous, nous sommes impatients de conclure la transaction rapidement et de soutenir l’entreprise pour qu’elle fasse renaître la magie et le génie artistique qui ont fait du Cirque une marque mondiale iconique et une force créatrice. Le Cirque a un avenir numérique avec nous et nous allons prioriser une gouvernance et une responsabilité sociale de haut niveau pour l’entreprise», a-t-il ajouté.

La Caisse écartée  

Il n’y aura donc plus d’actionnaires québécois dans le Cirque fondé par des échassiers de Charlevoix il y a plus de trente ans. Les actionnaires du Cirque jusqu’en juin, soit le fonds américain TPG, le groupe chinois Fosun et la Caisse de dépôt et placement du Québec, sont écartés du jeu.

La Caisse a déjà chiffré ses pertes à 228 millions $ pour son investissement dans le Cirque, dont 100 millions $ (75 millions $ US) engloutis en février seulement pour racheter des actions du fondateur Guy Laliberté.

Guy Laliberté ?  

Ce dernier s’est fait bien discret de son côté depuis qu’il a annoncé en juin son intérêt pour participer au rachat de l’entreprise. « Je ne peux commenter », nous a indiqué mardi la porte-parole de son holding Lune Rouge, Anne Dongois, à propos de la situation, refusant de dire s’il était toujours tenté de revenir au Cirque.

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