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Des cotisations au RRQ qui ne rapportent rien

Daniel Germain | Journal de Montréal

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Illustration Adobe Stock

La chronique de vendredi dernier sur le RRQ a suscité de nombreuses questions, à un point qui m’a surpris. J’y expliquais les grands paramètres derrière le calcul de la rente des participants, et pourquoi ils étaient si peu à obtenir le maximum.

Je remercie ces lecteurs qui m’ont fait part de leur situation, cela me donne l’occasion de revenir sur le sujet et de préciser certains aspects du régime.

• À lire aussi: Quelle stratégie suivre pour toucher le maximum de RRQ à la retraite?

« Que se passe-t-il si je prends une retraite prématurée et que je demande la rente seulement à 65 ans ? Ma rente sera-t-elle réduite ? »

La question m’est parvenue sous plusieurs formes. La rente sera forcément moins élevée que si vous aviez continué à travailler et à cotiser au régime jusqu’à 65 ans.

Rappelons comment le RRQ détermine le montant de vos prestations. Celui-ci est établi sur la moyenne des cotisations de l’âge de 18 ans et jusqu’à l’année où on commence à toucher la rente (entre 60 et 70 ans) ; 15 % des années les plus faibles sont exclues du calcul.

Si on quitte la vie active à 59 ans et qu’on touche sa rente à 65 ans, cela fera six années durant lesquelles on n’a rien cotisé.

Cela fera baisser la rente. Ces années n’entreront pas forcément dans le calcul, mais feront en sorte que d’autres années où les cotisations ont été faibles (en début de carrière) seront incluses au calcul.

Précisons que l’âge auquel on demande la prestation a un impact important sur le montant de la rente. À 60 ans, le plus tôt, elle équivaut à 64 % de celle qu’on aurait touchée à 65 ans. À 70 ans, le plus tard, elle grimpe à 142 % !

« Si je prends ma retraite à 65 ans et que j’attends à 70 ans avant de toucher ma rente, est-ce que les années entre ces deux dates entreront dans le calcul ? » Sous-question : « Si c’est le cas, quel est l’intérêt de retarder ? »

Le RRQ, contrairement à son pendant canadien (le Régime de pensions du Canada - RPC), inclut ces années dans le calcul. Donc, ce sera cinq années à zéro qui s’ajouteront à la période de cotisation.

Toutefois, après 65 ans, chaque mois de report génère une bonification de la rente de 0,7 %. Résultat : les prestations du Régime de rentes du Québec seront bonifiées de 42 % si on les retarde jusqu’à 70 ans, un avantage à peine altéré par l’inclusion au calcul des faibles années de cotisations, selon le planificateur financier et actuaire Daniel Laverdière, aussi directeur chez Banque Nationale Gestion privée 1859.

« J’ai 72 ans, je travaille toujours et je cotise encore 2000 $ par année. Ce que je gagne en retour ne me semble par valoir la peine. Puis-je cesser de contribuer ? »

Ce serait l’idéal, mais nous sommes tenus de cotiser tant qu’on travaille (sauf sur les premiers 3500 $ de revenus).

La particularité dans la situation de notre lecteur, typique chez les travailleurs âgés, est qu’il touche la rente tout en contribuant au régime. Ces contributions augmentent légèrement la rente (0,5 %) et ne seront rentables qu’au bout d’une vingtaine d’années, minimum.

Les probabilités qu’un participant de plus de 65 ans rentre dans son argent sont donc faibles et s’amenuisent à mesure qu’il poursuit sa carrière.