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Le médicament remdésivir sera testé en combinaison avec un autre antiviral

Dominique Lelièvre | Journal de Québec

Photo d'archives, AFP

Le remdésivir, l’un des rares traitements expérimentaux contre la COVID-19 à être approuvé, sera évalué aux États-Unis en combinaison avec un autre médicament dans l’espoir d’accroître son effet antiviral.

En mai, le premier volet d’une étude financée par un institut fédéral américain indiquait que le remdésivir réduirait en moyenne de quatre jours le temps de récupération des patients hospitalisés pour le coronavirus. Toutefois, il ne semblait pas être en mesure de prévenir les décès.

Le traitement a ensuite été approuvé à la suite d’un examen accéléré par les autorités réglementaires américaines, puis canadiennes, mais sous certaines conditions et seulement pour soulager les gens gravement malades.

L’étude du remdésivir s’est néanmoins poursuivie et ce même groupe de chercheurs souhaite maintenant établir si l’on pourrait améliorer son effet en l’associant à un autre médicament, conçu à partir d’une protéine appelée interféron bêta, rapportait mardi le New York Times.

Une combinaison de ces deux médicaments fera l’objet d’une nouvelle phase d’essais cliniques dans laquelle 1000 personnes vont recevoir soit le remdésivir et un placebo, soit le remdésivir et les interférons bêta, selon le quotidien américain.

Les interférons bêta sont déjà utilisés pour traiter la sclérose en plaques. Ils ont un effet antiviral et peuvent aussi apaiser l’inflammation. Or, des études préliminaires suggèrent que leur repositionnement contre le nouveau coronavirus pourrait être prometteur.

Au Royaume-Uni, une étude à petite échelle menée sur une centaine de patients, dont les résultats sont parus il y a un mois, avance qu’ils réduiraient de 79 % le risque de développer une forme sévère du coronavirus.

Cocktail prometteur

Dans autre étude menée à Hong Kong et publiée en mai, un cocktail de trois médicaments antiviraux, dont celui avec des interférons bêta, a permis de réduire le temps de récupération en moyenne de cinq jours chez 86 patients atteints par la COVID-19.

L’étude américaine sera toutefois la première avec un essai clinique aussi large. L’enrôlement de volontaires a commencé au début du mois, note le New York Times.

Rappelons que le remdésivir, fabriqué par la société américaine Gilead Sciences, a été développé à l’origine pour traiter la maladie à virus Ebola. Il est administré par intraveineuse, alors que le traitement à base d’interférons bêta ne requiert qu’une simple injection.

Commercialisé sous la marque Veklury, il peut être utilisé chez certains patients atteints de la COVID-19 depuis la fin juillet au Canada.

— Avec l’Agence QMI