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Le traitement au plasma est-il prometteur?

TVA Nouvelles

Les spécialistes canadiens demeurent prudents sur l’efficacité du traitement au plasma sanguin, au même moment où le président américain vient d’autoriser d’urgence ce type de transfusion dans son pays pour lutter contre la pandémie. 

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«Il y a des données préliminaires qui montrent une certaine utilité, mais pas une utilité majeure en terme, par exemple, de mortalité», explique le Dr Karl Weiss, microbiologiste et infectiologue à l’Hôpital général juif. 

«Et il faut l’administrer de façon relativement rapide et aux gens quand même relativement plus jeunes. C’est sûr que pour les personnes très âgées, en haut de 80 ans, l’impact de l’utilisation de ce genre de chose est peut-être moins bonne», ajoute-t-il. 

Ce traitement consiste à transfuser le plasma sanguin d’une personne ayant guéri de la COVID-19, donc qui a développé des anticorps, à une personne qui combat le virus. 

Des recherches au Canada   

Ce traitement est déjà autorisé en France, en Autriche, en Suisse, à Cuba et en Chine. Une étude canadienne sur le traitement au plasma, dirigée par le CHU Sainte-Justine, a été démarrée au printemps. 

Les chercheurs souhaitent «démontrer que le plasma convalescent peut limiter les intubations et diminuer la mortalité chez les patients sévèrement atteints de la COVID-19», affirme le Dr Philippe Bégin, allergologue et immunologue au CHU Sainte-Justice. 

Héma-Québec a recueilli le plasma nécessaire, qui peut être congelé pendant un an, en attendant de trouver suffisamment de receveurs.

Presque 1200 dons de plasma ont été reçus pour cette étude, mais les responsables cherchent maintenant des receveurs. 

«À l’heure actuelle, dans le cadre de l’étude, il y a 82 patients qui ont été recrutés à travers le pays», confirme le Dr Bégin. 

L’étude sera plus concluante lors de la deuxième vague anticipée. 

«On a activé 45 sites au Canada. Il s’agit d’hôpitaux qui vont pouvoir participer à l’étude pour la prochaine vague, donc on a bon espoir qu’avec la prochaine vague, on pourra vraiment avoir la réponse cette fois-ci», soutient-il. 

Ce traitement a déjà été utilisé lors de la grippe espagnole il y a 100 ans, mais on ne sait pas s'il avait été efficace. Dans ce cas-ci, il faudra peut-être attendre plusieurs mois avant d'avoir des résultats scientifiques.