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1000 professeurs manquants pour la rentrée

Daphnée Dion-Viens | Le Journal de Montréal

À quelques jours de la rentrée, des écoles aux quatre coins du Québec sont à la recherche d’enseignants pour combler près de 1000 emplois, selon un bilan partiel obtenu par Le Journal

À ce nombre, il faut aussi ajouter tous les postes à combler dans les autres catégories de personnel scolaire, puisque la pénurie est maintenant généralisée, selon des directions d’école. 

Au cours des derniers jours, la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE) a obtenu des données provenant de 26 des 72 centres de services scolaires de la province, excluant ceux situés sur l’île de Montréal. 

Selon cette compilation, 462 postes ou contrats d’enseignants restent à combler, alors que des écoles commenceront à accueillir leurs élèves dès jeudi. Ces données ne permettent toutefois pas de faire la distinction entre les offres d’emploi à temps plein ou à temps partiel. 

À ce bilan incomplet, il faut notamment ajouter 25 postes et contrats au Centre de services scolaire de la Pointe-de-l’Île et 500 postes qui sont toujours à combler au Centre de services scolaire de Montréal, a-t-on indiqué au Journal lundi en fin de journée. 

«Globalement, c’est pire que l’an passé», lance Nicolas Prévost, président de la FQDE.  

En septembre 2019, 360 enseignants manquaient à l’appel, selon des données du ministère de l’Éducation. La pénurie touchait principalement la région de Montréal. 

Cette année, des dizaines d'enseignants manquent aussi à l’appel dans Lanaudière, le Centre-du-Québec, l’Outaouais et sur la Côte-Nord. 

La situation évolue toutefois de jour en jour puisque les centres de services scolaires sont engagés dans une véritable «course contre la montre» afin de combler le plus d’emplois d’ici la rentrée, précise M. Prévost. 

Pénurie généralisée   

Les écoles sont par ailleurs confrontées cette année à une pénurie qui s’étend bien au-delà des profs, ajoute le président de la FQDE. Éducateurs en services de garde, techniciens en éducation spécialisés, surveillants d’élèves, concierges et directeurs d’école sont maintenant difficiles à recruter. 

En un an, «on est passé d’une pénurie d’enseignants et de professionnels à une pénurie d’à peu près tout», lance-t-il. 

«Ça se retrouve dans toutes les sphères, c’est ça qui devient difficile, ajoute M. Prévost. Parfois, on faisait appel à nos éducatrices en service de garde pour faire de la suppléance en classe, parce qu’elles connaissaient nos élèves, même si elles n’étaient pas légalement qualifiées. Mais là, on va manquer d’éducatrices en service de garde. C’est vraiment préoccupant.» 

La compilation de la FQDE a été présentée au ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, hier en fin de journée. Des discussions sont en cours afin de trouver des solutions, indique M. Prévost. 

Au cabinet du ministre Roberge, on confirme avoir pris connaissance de ces données, tout en précisant qu’elles sont susceptibles «de ne pas refléter la réalité puisque plusieurs embauches ont lieu chaque jour dans le réseau scolaire». 

«Malgré tout, nous sommes conscients que la pénurie héritée du précédent gouvernement continue de poser des défis à certains endroits. Nous sommes toutefois confiants que toutes les classes auront un titulaire à la prochaine rentrée scolaire», indique l’attaché de presse Francis Bouchard. 

Or, il faudra trouver des solutions si on veut éviter que des orthopédagogues ne soient appelés en renfort dans les classes, privant ainsi des élèves en difficulté de suivi personnalisé, ajoute Nicolas Prévost. 

«S’il faut aller chercher ces gens-là, ça aura un impact sur l’offre de services aux élèves vulnérables, c’est clair. On ne veut pas aller là. Mais ça pourrait être des décisions qu’il faudra prendre», laisse-t-il tomber.