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Avec des parents inquiets, les enfants sont stressés

group of school kids and teacher in classroom

Photo Adobe Stock

Les parents doivent faire attention de ne pas projeter leurs inquiétudes au sujet de la rentrée et de la COVID-19 sur leurs enfants, préviennent des spécialistes. 

« La pomme ne tombe jamais très loin de l’arbre. L’enfant apprend à s’inquiéter par rapport à ce qu’il observe chez son parent », fait remarquer Tina Montreuil, professeure adjointe en psychologie de l’éducation à l’Université McGill. 

C’est dire qu’un parent visiblement angoissé par la pandémie pourrait transmettre ses peurs à sa progéniture, même sans le vouloir. 

« C’est important de faire attention à la façon dont on parle [de la pandémie] devant eux », soutient la psychologue Anne Lacasse, sans quoi les enfants pourraient stresser à leur tour. 

À partir du moment où les parents ont pris la décision de renvoyer leur enfant à l’école, il est primordial de ne pas être alarmiste au sujet des conséquences du coronavirus, soutient Anne Lacasse. Un commentaire qu’ils devraient éviter à tout prix devant les petits, selon elle ? : « Fais attention parce qu’on pourrait mourir si tu l’attrapes ! »

Les deux spécialistes conseillent plutôt aux parents de normaliser et de dédramatiser la situation le plus possible, et d’en parler avec un ton neutre. Elles considèrent également que la pandémie constitue une occasion pour développer sa résilience, autant chez les petits que chez les grands.

Et les enfants ? 

Les craintes entourant la rentrée scolaire et la présence du virus sont souvent plus présentes chez les adultes que chez leurs enfants, note Anne Lacasse, qui suit une trentaine de jeunes dans sa pratique. 

C’est peut-être parce que ces derniers ont eu le temps de s’habituer dans les derniers mois au port du masque, au lavage de mains et à la distanciation sociale, suggère-t-elle. Certains ont fréquenté le camp de jour cet été, et d’autres qui sont retournés sur les bancs d’école en mai dernier ont même connu des mesures sanitaires plus strictes que celles qui sont en vigueur pour la rentrée. 

La psychologue reconnaît que la pandémie pourrait aggraver l’angoisse de certains écoliers de nature plus anxieuse. 

« Il y a effectivement des enfants qui auront réagi à la pandémie », constate aussi Tina Montreuil, qui donne des ateliers à des groupes de parents et d’enfants pour vulgariser les résultats de ses recherches. 

5 conseils pour ne pas trop s’en faire 

La professeure et psychologue Tina Montreuil propose quelques stratégies aux parents pour une rentrée moins stressante. 

  • Se concentrer sur les actions concrètes que l’on peut prendre pour minimiser les risques de contamination.  
  • Observer les changements dans le comportement de notre enfant et être à l’écoute de ses préoccupations. 
  • Résoudre les problèmes au fur et à mesure. 
  • Remettre en question l’utilité de l’anxiété concernant le retour en classe. 
  • Tenter de développer de la résistance à l’incertitude. 
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