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Inondations subites: demande de recours collectif contre l'arrondissement de Saint-Léonard

Bloc Justice

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Fatigués de devoir composer avec les conséquences d'inondations subites, des citoyens de l'arrondissement de Saint-Léonard, à Montréal, ont déposé une demande d'action collective pour obtenir des dédommagements et que des correctifs soient apportés.

Dans leur requête faite le 10 août en Cour supérieure, les demandeurs – Franca Bucaro, Pascal Monaco et Sofiya Marunych – font valoir que des inondations subites ont causé des dégâts dans leur arrondissement à au moins dix reprises de 1983 à 2019.

«On a de l’eau qui rentre dans la maison, qui vient du refoulement d’égout» lors de fortes pluies, a expliqué Mme Bucaro, qui habite sur la rue De Belmont. Elle a précisé que cela arrive régulièrement depuis une vingtaine d’années. «C’est pas de l’eau bénite qui rentre, l’eau est sale», a-t-elle ajouté avec découragement.

Les demandeurs estiment que le maire Michel Bissonet et l'arrondissement de Saint-Léonard n'ont pas pris suffisamment de mesures pour lutter contre les effets des changements climatiques. Ils jugent que le réseau d'égouts pluviaux et de bassins de rétention d'eau est insuffisant dans l'arrondissement pour lutter contre les crues éclairs liées aux précipitations, qui provoquent les inondations.

Le trio réclame donc que l'arrondissement apporte, dans un délai maximal de six mois, tous les correctifs nécessaires pour éviter de nouvelles inondations dans le futur.

De plus, ils demandent que les propriétaires qui ont été inondés puissent être dédommagés à hauteur de dizaines de milliers de dollars, incluant jusqu'à 45 000 $ pour une troisième inondation et 25 000 $ pour tous les membres du recours collectif en guise de dommages moraux pour le stress causé par le risque d'inondation.

«L’année passée, on a fait enlever une partie d’un mur parce qu’il y avait de la moisissure», a relaté Mme Bucaro, qui a aussi installé des clapets pour tenter d'empêcher l'eau d'entrer dans le sous-sol et le garage. «Je n’habite pas à côté d’un lac et on a besoin de dépenser de l’argent pour aller chercher des sacs de sable pour s’assurer que l’eau ne rentre pas dans la maison. Le stress, l’angoisse que ça crée, c’est incroyable. Ce n’est pas normal de vivre comme ça.»

«Un jour si on a l’intention de vendre la maison, moi et mon conjoint, on va faire quoi? La maison, c’est l’investissement le plus cher qu’on fait de notre vie. On paie des taxes, personne ne nous donne un rabais sur les taxes», a-t-elle poursuivi.

Au-delà du dédommagement, Mme Bucaro souhaite surtout avoir «l’esprit tranquille» et demande à la municipalité d’agir.

Quiconque a déjà détenu ou loué une propriété dans Saint-Léonard et a subi des damages moraux, physiques ou psychologiques à la suite d’une inondation pourra se joindre au recours collectif, si celui-ci reçoit le feu vert du tribunal pour aller de l'avant.

- avec l'Agence QMI