/news/politics

Le Canada réclame la libération de deux de ses ressortissants à la Chine

Agence France-Presse

GEN-INONDATIONS-CONFERENCE-ARMÉE

TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

Le ministre canadien des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a réclamé mardi à son homologue chinois la libération « immédiate » de ses deux compatriotes emprisonnés en Chine depuis plus d’un an et demi, évoquant « une priorité absolue »pour Ottawa.

Michael Kovrig, ancien diplomate en poste à Pékin, ainsi que l’homme d’affaires Michael Spavor sont détenus en Chine depuis décembre 2018 sous l’accusation d’espionnage.

Leur détention est largement perçue en Occident comme une mesure de représailles à l’arrestation quelques jours plus tôt au Canada, à la demande de la justice américaine, de Meng Wanzhou, directrice financière du géant chinois des télécommunications Huawei.

Ces affaires ont ouvert une crise diplomatique sans précédent entre la Chine et le Canada.

Au cours d’une rencontre mardi à Rome avec son homologue chinois Wang Yi, M. Champagne a appelé à la libération immédiate de MM. Kovrig et Spavor.

Le cas de ces deux ressortissants demeure « une priorité absolue pour le gouvernement du Canada », a assuré M. Champagne dans des propos rapportés par son ministère.

M. Champagne a également réclamé à Pékin d’accorder « la clémence à tous les Canadiens qui risquent la peine de mort en Chine ».

Quatre ressortissants canadiens mis en cause dans des affaires de drogue sont emprisonnés dans le pays asiatique où ils attendent la peine capitale. 

De son côté, le chef de la diplomatie chinoise a relevé que les deux pays rencontraient « de sérieuses difficultés en raison de la détention d’un ressortissant chinois » au Canada, selon un communiqué de son ministère. 

Wang Yi, qui n’a pas mentionné explicitement Meng Wanzhou, a appelé le Canada à « prendre la posture d’un pays indépendant » et à « lever les principaux obstacles » qui entravent les relations entre Pékin et Ottawa, d’après le document.

Cette rencontre entre MM. Wang et Champagne, la première depuis novembre 2019, est intervenue le jour même où la justice canadienne a rejeté, au nom de la sécurité nationale, une requête des avocats de Meng Wanzhou.

Ses conseils demandaient l’accès à des documents secrets qui selon eux prouvent l’existence d’un complot entre le FBI et les autorités canadiennes. Un tel complot, s’il était démontré, pourrait entraîner l’annulation de la procédure d’extradition de Meng Wanzhou vers les États-Unis, qui lui reprochent d’avoir violé des sanctions contre l’Iran.