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L’identité d’un ancien Dragon à nouveau utilisée par des fraudeurs

Jean-Michel Genois Gagnon | Journal de Montréal

François Lambert a notamment cofondé la techno québécoise Aheeva, présente dans 75 pays.

Photo Pierre-Paul Poulin

François Lambert a notamment cofondé la techno québécoise Aheeva, présente dans 75 pays.

L’identité de l’homme d’affaires et ex-Dragon François Lambert aurait été utilisée, au cours des dernières semaines, par des malfaiteurs afin de soutirer des renseignements personnels ainsi que de l’argent à des gens.

« Je trouve cela très, très grave. Ils sollicitent des gens en disant avoir un prêt de ma part », déplore M. Lambert, baptisé par les fraudeurs Franck Lambert. Il a publié un avertissement sur sa page Facebook concernant cette arnaque. 

François Lambert

Capture d'écran

Depuis juillet, trois personnes l’ont contacté après avoir été approchées via Messenger avec une offre de financement. Le Journal a pu consulter l’un des échanges, dont le français laisse à désirer, entre un fraudeur et sa cible.

Prétendu prêt

Le modus operandi serait toujours similaire. Un homme ou une femme affirme connaître l’homme d’affaires québécois et avoir contracté un prêt de 5000 dollars auprès de lui. En échange, il faut remplir un contrat et verser 400 dollars directement.

Le fraudeur dit connaître M. Lambert et il fournit à sa victime une fausse adresse courriel pour le joindre afin qu’elle puisse obtenir davantage de renseignements sur le prêt et également en faire la demande.

Il va même jusqu’à donner le nom d’une personne, soit Melanie Alma, qui serait l’assistante de l’ex-Dragon. Cette dernière envoie, par la suite, une invitation à la personne visée sur Facebook.

Ce n’est pas la première fois que l’identité de M. Lambert serait utilisée dans le cadre d’une arnaque. 

Des photos de l’homme disponibles sur Instagram auraient aussi servi pour approcher des gens avec de faux profils et leur soutirer de l’argent au cours des dernières années, raconte-t-il.

Phémonène en croissance

Depuis le début de la pandémie, le vice-président de l’Institut canadien du crédit, Sylvain Paquette, est d’avis que le nombre de tentatives de fraudes est en croissance au pays. Il estime qu’encore beaucoup de gens tombent dans le panneau. 

Selon lui, il n’est pas rare qu’une personnalité publique soit utilisée par des fraudeurs.

« Oui, c’est courant. C’est une forme d’hameçonnage. Ils vont chercher des personnalités connues et ils montent un concept de prêt. C’est souvent par Messenger. Ils tentent d’obtenir des renseignements personnels », souligne-t-il, invitant les victimes à déposer des plaintes aux policiers.

Depuis le début de l’année, selon des données du Centre antifraude du Canada, 14 811 Canadiens ont été victimes de différents stratagèmes frauduleux et les pertes financières sont de 54 millions $.

Par ailleurs, entre le 6 mars et le 31 juillet 2020, 2270 signalements de fraudes liées à la COVID-19 ont été effectués. Le nombre de victimes s’élève à 1729 et les pertes financières à 5,5 millions de dollars.