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Pas de test pour une personne exposée asymptomatique, dit le CDC

TVA Nouvelles

Le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), aux États-Unis, ne recommande désormais plus à toutes les personnes ayant été en contact avec un cas positif de COVID-19 de se faire dépister, une décision qui soulève bien des questions chez les experts.

L’agence fédérale américaine – l’équivalent de la santé publique aux États-Unis – vient d’apporter d’importants changements, sans grand bruit, à ses lignes directrices en matière de dépistage des cas de la COVID-19.

Ainsi, le CDC ne recommande désormais plus nécessairement aux personnes asymptomatiques de subir un test de dépistage de la COVID-19, même si elles ont été en contact pendant au moins 15 minutes avec un individu infecté.

La précédente ligne directrice encourageait pourtant le dépistage des asymptomatiques dans les cas d’exposition récente ou probable au virus.

Ce changement de cap a étonné plusieurs experts médicaux, dont le Dr Carlos del Rio, un spécialiste en épidémiologie interrogé par la chaîne CNN.

«Ce dont nous disposons comme informations, c’est que près de 40 % des infections ont été engendrées par des personnes asymptomatiques», a-t-il rappelé.

Dans son guide, le CDC met en garde contre un faux sentiment de confiance en rappelant qu’un résultat négatif à un test de dépistage ne signifie pas qu’une personne ne développera pas ultérieurement des symptômes de la COVID-19.

Ce changement ne s’applique par ailleurs pas au personnel de la santé asymptomatique, à qui on recommande toujours de subir un test de dépistage en cas d’exposition au virus.

Pression de la Maison-Blanche

Des sources citées par le réseau CNN rapportent que ces changements aux recommandations du CDC émaneraient de pressions provenant de l’administration Trump.

«L’ordre vient d’en haut», a confié une source à la chaîne américaine.

Le président américain a déjà suggéré que les États-Unis devraient réaliser moins de tests de dépistage, rappelant que plus le nombre de tests était élevé, plus le nombre de cas confirmés le serait également. 

Le CDC n’a pas commenté ces changements, renvoyant les questions au département de la Santé et des Services sociaux.

Un porte-parole du département de la Santé a déclaré que «le guide avait été mis à jour en fonction des plus récentes informations et dans l'intérêt supérieur de la santé publique», sans préciser sur quelles nouvelles informations le CDC s’appuyait.

Un changement chez nous?  

Les autorités de santé publique canadienne et québécoise regardent avec attention les directives du CDC et n’ont pas hésité, par le passé, à appliquer les mêmes recommandations.

Selon la pharmacienne et professeure titulaire de clinique à l’Université de Montréal, Diane Lamarre, cette décision ne tient pas la route et ne devrait pas être appliquée chez nous.

«Je pense qu’ils vont beaucoup se faire questionner à l’intérieur des États-Unis sur les raisons pour lesquelles ils ont changé [leurs directives]», affirme-t-elle.