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Télétravail: des économies de 18 M$ en six semaines pour le gouvernement

Alain Laforest | TVA Nouvelles

Le télétravail a permis au gouvernement de réaliser des économies de 18 millions de dollars sur une période de six semaines.

La mise sur pause du Québec en mars a forcé les entreprises et l'État à se réinventer. Au plus fort de la crise, seulement 30% des fonctionnaires étaient à leur poste de travail dans les édifices ou bureaux gouvernementaux, les autres répondaient aux demandes depuis leur maison 

«Dès le jour 1, les fonctionnaires ont fait un travail extraordinaire, se sont adaptés extrêmement rapidement», insiste la présidente du Conseil du Trésor Sonia Lebel, qui souligne que tout le Québec a dû s'ajuster.

«On l'a vécu obligé et c'est peut-être pour ça qu'on a sauté un peu tout le monde ensemble en bas de la falaise.»

Une option fortement envisagée   

Il y avait de grandes craintes que les services à la population souffrent avec autant d'employés de l'État qui effectuaient leur prestation de services depuis la maison ce qui ne n'est pas arrivé affirme Mme Lebel en entrevue à TVA Nouvelles.

«La productivité n'a pas baissé, l'efficacité était à son maximum. On a même eu des gains de productivités de l'ordre d'une dizaine de pour cent, aucune réduction de services aux citoyens et, ça pour moi c'était la considération principale», explique-t-elle. 

Une situation qui l'a amené à plancher sur l'option télétravail pour les employés de l'état qui peuvent le faire.

«Ce qui est envisagé pour l'instant, ce n'est pas nécessairement du télétravail à temps complet. Je pense qu'il y a des avantages à se présenter au bureau, d'avoir des liens avec les collègues, de pouvoir faire des échanges en personnes. Il faut trouver un juste équilibre! Peut-être trois jours à la maison, deux jours au bureau, quelque chose comme ça. C'est ce qui est considéré dans les projets. Je pense qu'on pourrait avoir le meilleur des deux mondes avec ce modèle», souligne Sonia Lebel 

Moins de location de bureau  

Depuis mars, il y a des milliers de bureaux vides qui coûtent cher au Conseil du Trésor. 

Près de 70% des 350 immeubles où des bureaux sont occupés par le gouvernement sont en locations. 

«C'est sûr qu'il va falloir réorganiser le parc immobilier et y songer sérieusement, mais on ne dit pas qu'on va abandonner 30% de nos baux, on n'est pas là. Ça fait partie de nos considérations. En terme d'expansions, on fonctionne de façon plus prudente.»

La ministre y voit aussi une opportunité pour le déplacement de 5000 fonctionnaires en régions comme s'est engagé à le faire son gouvernement. 

«Le transfert de postes en région peut se faire chez les gens, plutôt que dans un lieu physique gouvernementale identifié avec pignon sur rue, on vient d'ouvrir quant à moi un monde de possibilité. Il y avait aussi l'enjeu physique d'installer ces postes en régions, maintenant peut-être qu'on peut y songer autrement, peut-être installer des hubs où les gens vont partager des bureaux, des salles de conférences pour rencontrer des gens, mais qui vont travailler plus principalement de leur domicile», envisage Mme Lebel. 

Depuis 2018, environ 1000 fonctionnaires expérimentaient le télétravail dans le cadre d'un projet pilote. 

88% des télétravailleurs disent avoir été moins interrompus, 78 % avoir une meilleure conciliation travail-famille en plus d'éviter plus d'une heure par jour de circulation selon un sondage réalisé par le Conseil du Trésor. 

58% des gestionnaires ont même indiqué que la quantité de travail accompli était plus importante.

«Ce que les gens apprécient beaucoup en télétravail c'est la souplesse! Si quelqu'un est plus à l'aise de travailler le soir et sa productivité est la même, moi je n'y vois pas d'enjeu là. La transition elle n'est pas faite, on est dans une analyse pour en venir à une politique-cadre éventuellement », conclut la ministre. 

Voyez l’intégralité de l’entrevue avec la ministre dans la vidéo ci-dessus.