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Beaucoup de démissions chez les enseignants, prévient la FAE

Le Québec déplorait déjà une pénurie de 1000 enseignants à l’approche de la rentrée scolaire 2020; voilà que la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) s’attend à de nombreuses démissions en raison des conditions de travail difficiles.

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Le défi organisationnel relié à la gestion des mesures sanitaires serait à l’origine de ces départs, indique Sylvain Mallette, président de la FAE. 

«On est en attente de confirmations écrites, mais il semble qu’il y ait beaucoup de démissions, particulièrement sur l’Île de Montréal, et des départs précipités à la retraite», a relaté Sylvain Mallette en entrevue sur les ondes de LCN, jeudi.

«Des enseignants à deux ou trois de la retraite auraient dit : "Ce n’est pas vrai que je vais vivre dans ces conditions"», a rapporté le président de la FAE.

Pas que la sécurité sanitaire à l'enjeu  

Sylvain Mallette souligne le «manque de matériel et d’équipement de protection» dans certains milieux et s’inquiète d’une mise à niveau nationale qui ne prioriserait finalement pas les savoirs essentiels, d'après l’évaluation de la FAE, contrairement à ce qui avait été annoncé par le ministère de l’Éducation lors de l’annonce du plan de relance. 

Le rendu des services éducatifs serait, selon le président de la FAE, affecté par le manque de personnel de soutien.

«Les profs se font dire qu’ils devront passer plus de temps à surveiller les élèves plutôt qu’être en présence de leurs élèves pour faire de la récupération, dit-il. Des élèves vont se présenter sans avoir de prof devant eux parce que la pandémie est venue aggraver la pénurie déjà existante.»

La FAE en appelle donc au ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, de ne pas se contenter de «réunir les conditions sanitaires» pour la sécurité des enseignants, élèves et membres du personnel scolaire. «Il faut que l’épisode qu’on vit collectivement, on puisse le traverser - on pense surtout aux élèves les plus vulnérables», lance-t-il.

En conférence de presse dans une école primaire à Repentigny, jeudi, le ministre Roberge a soutenu que le plus important était d’assurer la sécurité des jeunes et du personnel.

Concernant l’inquiétude au sujet de matériel de désinfection qui n’est pas disponible dans tous les établissements, le ministre croit que cette crainte n’a pas sa raison d’être.  

«Le matériel est là, je presse les administrateurs de faire les achats, il n’y a pas de raison que le matériel ne soit pas là alors que les directives sont là depuis juin», a-t-il martelé.

La FAE a rapporté jeudi trois cas de COVID-19 au Centre de services scolaires de la Pointe-de-l’Île-de-Montréal, à l’est de Montréal, incluant deux professeurs. Un quatrième cas a été enregistré sur la Rive-Nord de Montréal par le Centre de services de la Seigneurie des Mille-Îles.