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Congédiement de Nathalie Bondil : la saga continue

Photo Agence QMI, Joël Lemay

La saga du Musée des beaux-arts de Montréal, avec en toile de fond le congédiement controversé de sa directrice, Nathalie Bondil, à la mi-juillet, se poursuit un mois et demi plus tard.

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L’affaire, qui avait ébranlé le milieu culturel montréalais pendant quelques semaines dans la foulée du renvoi de Mme Bondil le 13 juillet pour cause de climat de travail «toxique», revient dans l’actualité avec de nouvelles informations et opinions publiées dans différents médias au cours des derniers jours. Puis, avec une réaction du conseil d’administration, vendredi.

«Il vient un moment où les gens doivent cesser de dire ou d'écrire n'importe quoi», peut-on lire dans un communiqué du CA, faisant référence à des sorties dans les médias d’un de ses membres dissidents, Joe Battat, et d’un expert en gouvernance d’entreprise, Michel Nadeau.

Mardi, M. Nadeau, qui est en outre impliqué au sein du musée et de la Fondation du musée, a publié une lettre dans «La Presse». Il critique vertement le type de gouvernance adopté par Michel de la Chenelière, le président actuel du conseil d’administration, sans mentionner son nom.

Puis, le lendemain, cité par «Le Devoir», M. Battat, qui serait le seul à avoir voté contre le congédiement de Mme Bondil, dit estimer que le CA «a failli à sa tâche» et qu’il aurait dû «chercher d’autres moyens [...] afin de régler les conflits internes». Selon lui, il y a eu aussi un manque de transparence au CA. Il soutient entre autres que M. de la Chenelière n’a jamais partagé avec les autres membres du CA le rapport d’une firme privée embauchée pour examiner le climat de travail au musée.

«Il vient un moment où il est impossible de demeurer silencieux devant un flot interminable de mensonges véhiculés par des personnes devenues les porte-voix de Mme Bondil et par un membre du conseil d'administration du musée qui manque à tout le moins à son devoir de réserve», écrit le CA dans son communiqué, assurant notamment que ses membres «savaient ce qu'ils faisaient et étaient pleinement justifiés de le faire» en prenant la décision de mettre fin au contrat de l’ex-directrice générale.

«Comment peut-on dire que les membres du conseil n'ont pas été exposés au rapport alors qu'une présentation PowerPoint de 90 pages, préparée et présentée par la firme RH indépendante, et détaillant les constats et recommandations leur fut présentée?» demande le CA.

En réponse à la missive de M. Nadeau, le CA écrit: «Comment peut-on prétendre être un défenseur des grands principes de gouvernance, comme Michel Nadeau, tout en faisant fi des graves problèmes de gestion à l'intérieur des murs du musée?»

«Ces gens auraient eu avantage à parler à toutes ces femmes et tous ces hommes [NDLR : des employés ayant dénoncé le climat de travail sous Mme Bondil] qui sont la véritable âme du musée avant d'écrire et de dire n'importe quoi, simplement pour faire plaisir à celle qui alimente leur obsession», peut-on lire également.

Le CA conclut son communiqué en disant espérer que le rapport attendu de l’expert mandaté par le gouvernement pour faire la lumière sur la gouvernance au musée permettra «de tourner une fois pour toutes la page sur cette situation malheureuse pour le musée et ses employés».

Des médias ont aussi rapporté au cours de la semaine que le gouvernement du Québec a demandé au musée de lui rembourser une subvention de 10 millions $ devant servir à la réalisation du projet de nouvelle aile en hommage au peintre Jean Paul Riopelle dont Nathalie Bondil devait s’occuper. Vendredi, le CA de l’institution n’a toutefois pas abordé cette question.

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