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Ces peurs qui maintiennent le prix des maisons aussi haut

TVA Nouvelles

Les experts s’entendent : c’est le temps de vendre sa maison unifamiliale, tandis que l’offre continue de chuter radicalement au Québec, nourrissant ainsi la faramineuse hausse des prix.

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Pourtant, la peur semble continuer d’empêcher les propriétaires de mettre leur maison en vente. Ces craintes semblent expliquer le coût très élevé de l’achat d’une unifamiliale, constate le chroniqueur immobilier Ghislain Larochelle.

«Les gens ont peur de perdre leur emploi, d’une deuxième vague de COVID-19 et aussi de ne pas être capables de se trouver une autre maison, a énuméré l’expert en entrevue sur les ondes de LCN, dimanche. Oui, si je vends ma maison, elle va se vendre rapidement, mais vais-je être capable de me trouver une autre maison?»

«Les gens ont aussi peur de perdre de l’argent, d’ajouter Ghislain Larochelle. Ça a un gros, gros impact sur les gens qui veulent changer de maison parce qu’il manque de maisons à vendre. [...] Et le délai de vente est super rapide.»

Perdre de l’argent? Larochelle rappelle qu’au mois de mai, un des mois les plus éprouvants de la pandémie du nouveau coronavirus sur le plan sanitaire, la SCHL prévoyait une baisse du prix des logements de 0,9% à 18% cette année, puis un redressement en 2021. «On a vu complètement l’inverse : une augmentation de 15 % en sept mois.»

Le prix de vente a chuté radicalement de 6,4 % en avril dernier, à 262 000 $, notamment parce que les courtiers et les inspecteurs immobiliers ne pouvaient plus se rendre sur place pour accomplir leur travail. Par la suite, les prix ont remonté jusqu’à 305 000 $ (+7% depuis le début de 2020) en juillet dernier. 

Ghislain Larochelle a calculé qu’il n’y a plus que 58 000 maisons disponibles sur Centris à l’heure actuelle, comparativement à 92 000 immeubles lors de la déclaration de pandémie – une baisse de 38%.

Le spécialiste n’entrevoit pas de diminution des prix. «Mais plusieurs acheteurs ont décidé d’attendre l’été ou l’automne à cause de la pandémie. Quel sera leur impact sur la situation? se demande-t-il. On ne sait pas, mais les taux d’intérêt sont très bas et les gens se qualifient sur de meilleures maisons.»

Si des pertes d’emplois craintes dans certains secteurs d’activité et la venue de la fameuse deuxième vague de propagation du virus se concrétisaient à l’automne, le portrait du marché immobilier pourrait changer, particulièrement si les différentes mesures gouvernementales d’aide financière aux particuliers et aux entreprises prennent des proportions différentes de ce qui est en vigueur à l’heure actuelle, note Ghislain Larochelle.