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Une maison historique détruite à Mercier

TVA Nouvelles

Une page d’histoire s’est tournée cette semaine dans la municipalité de Mercier, en Montérégie. La Maison Myre, un bâtiment historique construit en 1889, a été rasée par un promoteur immobilier.

Capture d'écran, TVA Nouvelles

La destruction du joyau historique en a surpris plus d’un dans cette municipalité de la Rive-Sud de Montréal. Nombreux sont les résidents qui ont assisté à la démolition qui croyaient la Maison Myre protégée par la Loi sur le patrimoine culturel.

Or, ça n’a jamais été le cas, malgré la présence d’un panneau descriptif qui raconte l’histoire de ce bâtiment.

Le conseil municipal a donc octroyé un permis de démolition à un promoteur qui construit présentement des condos dans la municipalité de Mercier.

Au grand désarroi de plusieurs résidents qui pensent que cela vient gâcher le cachet historique de la petite municipalité.

«Ça donne un pincement au coeur. On ne peut rien y faire, c'est fait! On ne sait pas ce qu'il va s'en suivre de tout ça. Je ne sais pas du tout, mais ils ne peuvent pas la rebâtir. Les morceaux sont cassés et sont partis», raconte un citoyen, qui est aussi un des principaux détracteurs de la mairesse Lise Michaud.

Capture d'écran, TVA Nouvelles

Le chef intérimaire de Démocratie Mercier, Hugues Ménard, croyait aussi qu’un règlement de la ville protégeait ce type d’habitations.  

« Malheureusement, il n'y en avait pas. La réglementation à la Ville de Mercier était non présente en fait. Donc, elle ne protège pas le coeur du centre-ville du village, actuellement», avance l’homme qui se dit très déçu de l’inaction de la ville.

Ce qui choque encore plus les gens, c'est que la maison faisait partie d'un circuit touristique d'une vingtaine de résidences dans la municipalité de Mercier.

La mairesse Michaud a défendu bec et ongle la décision de son administration.

«De notre côté, [cette préoccupation-là] n’avait jamais été resoulevée avant samedi passé. On a une multitude de dossiers à faire dans une ville et celui-là on ne s’y était pas arrêté parce qu’il n’y a rien qui nous avait éveillés à ce sujet-là», dit-elle en entrevue.

Lise Michaud a aussi tenté de calmer le jeu et de rassurer les gens qui craignent l’arrivée de nouveau condo moderne dans un quartier historique.

«Il y a un moratoire depuis le mois d’octobre 2019 sur le territoire de la Ville de Mercier qui interdit tout nouveau projet, pour plusieurs raisons», lance-t-elle.

Ainsi, tant que ce moratoire n’est pas levé, il n’est pas possible de déposer un projet auprès de la municipalité, ajoute la mairesse.

Dans une déclaration écrite, le ministère de la Culture explique que la Ville de Mercier n’a pas demandé de protection pour le bâtiment alors qu’il était possible de le faire.

«Elle était en droit de [le] faire et [ça] aurait permis à son propriétaire de recevoir du ministère une subvention pour sa rénovation», peut-on lire.

Quelque 30 millions de dollars sont actuellement sur la table au gouvernement, et ce depuis un an, pour que les municipalités fassent l'inventaire de leur patrimoine bâti.