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La leçon de démocratie de François-Philippe Champagne à la Chine

TVA Nouvelles

La Chine n’a pas de leçons à donner en matière de démocratie au Canada, qu’elle se le tienne pour dit: François-Philippe Champagne, ministre fédéral des Affaires étrangères a exprimé sa position de façon claire à son homologue chinois Wang Yi dans l’affaire Huawei.

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Cette prise de position pourrait être perçue comme une flèche lancée à la première puissance économique asiatique.

«Chez nous, la grande différence, quand on vit dans une démocratie comme la nôtre, c’est que je n’ai pas à justifier la décision de la cour ni à argumenter», a commenté M. Champagne en entrevue sur les ondes de LCN, lundi. 

La justice canadienne a décidé de placer Meng Wanzhou en détention et le gouvernement ne s’ingérera pas dans ce dossier, a-t-il martelé. «Les tribunaux font leur travail, je fais le mien, a souligné le ministre dans un entretien avec l’expert politique Mario Dumont. Je lui rappelle que, dans notre pays, il y a une séparation des pouvoirs. C’est comme ça que ça fonctionne, une démocratie.»

Ces mots forts de la part du ministre Champagne sont représentatives des tensions qui s’accumulent entre le Canada et la Chine. 

La rencontre impromptue entre lui et Yi, facilitée le 25 août dernier à Rome par des homologues italiens, a permis selon le ministre libéral de tenter d’avancer dans quelques dossiers, soit l’arrestation controversée de la directrice financière du géant des télécommunications, mais aussi celle de Michael Kovrig et de Michael Spavor, deux Canadiens détenus en Chine. L’ancien diplomate en poste à Pékin et le consultant spécialiste de la Corée du Nord ont été formellement inculpés d'espionnage quelques jours après l'interpellation de Wanzhou à Vancouver, le 1er décembre 2018, pour avoir contourné les sanctions américaines contre l'Iran.

«On a eu une discussion robuste, a convenu M. Champagne, qui a appris la présence de Wang Yi à Rome par l’entremise des médias. Il y a plusieurs enjeux pour lesquels on n’est pas d’accord. Chaque fois qu’on discute, je cherche à obtenir la confirmation que Kovrig et Spavor vont être libérés.»

«Ça fait également des mois qu’on n’a pas d’accès consulaire, a-t-il ajouté. Ça va contre la convention de Vienne (sur le droit des traités), tant dans son esprit que dans la lettre de convention. On a parlé de droits humains. Mon message était clair, fort, comme il doit l’être.»

Pour l’heure, le ministre Champagne a surtout réussi à mettre en contact les équipes de négociation des deux parties «de façon plus concrète».

La rencontre entre les chefs de la diplomatie des deux pays était la première depuis novembre 2019.