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Dominique Anglade veut débattre de la vente des données de la RAMQ

Photo Agence QMI, Joël Lemay

La nouvelle cheffe du Parti libéral du Québec est en faveur d’une commission parlementaire pour débattre de la vente des données de santé des Québécois aux pharmaceutiques.  

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Des membres du caucus libéral sont déchirés sur la question des données de santé, a appris notre Bureau d'enquête. Ce sujet cause des flammèches depuis que le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a dit souhaiter fournir les données médicales de la Régie de l’assurance maladie (RAMQ) aux pharmaceutiques. «C’est winner», a-t-il mentionné en commission parlementaire. Un projet mis en branle par le précédent gouvernement.  

La députée libérale Marwah Rizqy s’était immédiatement opposée sur Twitter. 

Depuis, le malaise est palpable au sein des troupes libérales. Le porte-parole en matière de finances publiques, André Fortin, a évité la question la semaine dernière et le PLQ refuse que notre Bureau d'enquête s'entretienne avec le député Gaétan Barrette qui a entamé le projet en 2018.   

À l’ouverture du caucus libéral ce matin, Mme Anglade a finalement indiqué être en faveur d’une commission parlementaire sur les données de santé. «Il faut, justement, qu'il y ait les débats», a-t-elle dit.   

Anglade et Precinomics  

Dominique Anglade est pourtant une de celle à l’origine même de ce projet qui a été lancé avec son collègue Gaétan Barrette.   

En 2018, alors qu'elle était ministre de l'Économie, Mme Anglade a octroyé une subvention de 4,5 M$ à l’Institut de Cardiologie de Montréal pour le projet Precinomics.   

Il s’agit d’une plateforme nationale de partage et d’accès à des données génomiques et des données de santé clinico-administratives de patients.  

«On avait commencé des travaux qui étaient rendus pas mal à maturité», a admis M. Barrette sur les ondes du 98,5 FM, il y a une semaine. «Nous, ce sur quoi on travaillait c’est de mettre en place une banque de données réelle et complète. Toute la donnée clinique des individus, mais qui est contrôlée par l’État.»  

Notre Bureau d’enquête a ensuite révélé que le projet Precinomics est lié à des proches de la riche famille Desmarais et à l’industrie pharmaceutique.   

L’obscur organisme à but non lucratif est au cœur du projet visant à «exploiter» des données de santé anonymisées des Québécois avec des multinationales pharmaceutiques.  

Innovation

Mme Anglade soutient que le projet découlait d'une stratégie en matière d'innovation pour appuyer les chercheurs.   

Elle assure que des vérifications ont été faites auprès de Precinomics avant d’accorder la subvention. À la lumière des révélations de notre Bureau d’enquête, Mme Anglande mentionne être encore à l'aise avec la décision de financer cette organisation. «Je n'ai pas de raison de penser différemment», a-t-elle affirmé.   

Québec Solidaire réclame aussi une commission parlementaire. 

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