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La course au vaccin respectera les normes, jure l'industrie pharmaceutique

Agence France-Presse

Plusieurs dirigeants d'entreprises pharmaceutiques se sont engagés jeudi à «ne rogner sur rien» et à respecter les normes de «sécurité» dans la course au vaccin contre la COVID-19, en dépit d'appels parfois insistants à lui préférer la rapidité.

«Nous ne rognerons sur rien», a promis Albert Bourla, le directeur général de Pfizer, au cours d'un échange par visioconférence avec des journalistes.

«Nous ne sacrifierons la sécurité sous aucun prétexte», a renchéri Kenneth Frazier, le PDG de Merck. 

Les dirigeants s'exprimaient dans le cadre d'un point presse de la Fédération internationale de l'industrie du médicament (IFPMA).

La concurrence fait rage pour mettre au point un vaccin contre la COVID-19, qui a causé plus de 863 000 morts sur la planète, selon un décompte effectué jeudi par l'AFP.

Aux États-Unis, pays le plus endeuillé au monde avec plus de 185 000 morts, les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) «demandent urgemment» aux États de faire le nécessaire pour que les centres de distribution d'un futur vaccin puissent être «complètement opérationnels d'ici le 1er novembre 2020», soit juste avant l'élection présidentielle.

Fin août, le président américain Donald Trump avait par ailleurs promis un vaccin »cette année» contre la COVID-19.

Sous pression, les groupes pharmaceutiques doivent trouver un remède bien plus rapidement qu'en temps normal: entre 12 et 18 mois au lieu de dix ans ou plus. 

Dans ces conditions, les effets secondaires indésirables, et notamment ceux à moyen ou long terme, ne pourront pas tous être étudiés.

Pfizer et son partenaire Biontech ont fait état de premiers essais concluants début juillet, après des tests sur 45 personnes. Ce projet est entré fin juillet dans une phase d'essais cliniques à grande échelle (phase 3), avec 30 000 volontaires de 18 à 35 ans. Les deux entreprises espèrent boucler la phase 3 dès le mois prochain.

Le vaccin développé par la biotech américaine Moderna est lui aussi en phase 3 et a commencé des essais à grande échelle sur des milliers de participants humains. 

«Je comprends» le scepticisme face à la course effrénée aux vaccins, a déclaré Albert Bourla. «La science est tellement politisée en ce moment». «Mais nous ne demanderons jamais l'autorisation, quel que soit le vaccin, avant que nous ne sentions qu'il est sûr et efficace», a-t-il conclu. 

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