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Un autre médicament contre la COVID-19 testé au Québec

Pierre-Paul Biron | Journal de Québec

Une jeune entreprise canadienne fera équipe avec des chercheurs de l’Université McGill dans le cadre d’une étude de phase 3 sur l’efficacité de la dapsone, un médicament générique déjà existant, dans le traitement des complications liées à la COVID-19.

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On sent facilement l’excitation dans la voix des docteurs Houfar Sekhavat et Jean Bourbeau lorsqu’ils parlent du potentiel de leurs travaux. 

Le Dr Sekhavat, ophtalmologiste et fondateur de Pulmonem, utilise depuis longtemps l’anti-inflammatoire dans sa pratique. Il a songé à l’utiliser contre la tempête inflammatoire de la COVID lors de sa quarantaine obligatoire à son retour de Floride, en mars.

« Ce qui fait peur, ce sont les hospitalisations, le manque de ventilateurs, les complications liées au virus. Mais je pense qu’on peut entrevoir un retour à la vie normale pour nous et notre économie si l’on démontre que la dapsone peut ultimement contrôler les symptômes et éviter ces complications », explique le médecin du Nouveau-Brunswick.

2000 patients 

L’essai clinique sera lancé dans les prochaines semaines au Canada et aux États-Unis. Le Dr Bourbeau et son équipe de McGill seront responsables de la collecte des résultats. 

« Partout où on va pour présenter l’étude, les collègues sont excités autant par la dapsone que par la qualité de notre étude », se réjouit le chercheur, précisant que la totalité des 2000 patients recevront le médicament directement chez eux après leur test positif et seront suivis à distance sur une plateforme informatique.

À terme, si tout va comme prévu, les résultats de l’étude DAP-CORONA pourraient être dévoilés dès la fin décembre et le médicament distribué rapidement en 2021.

« Nous avons déjà une entente avec une entreprise pour la production d’un milliard de comprimés par jour. Et comme c’est un générique, on parle d’un traitement plus qu’abordable », indique le Dr Sekhavat, avançant le coût d’environ 30 $ par traitement.

Objectif financement 

Les deux médecins espèrent maintenant recevoir l’appui financier des gouvernements.

« Nos dossiers sont présentés, mais les délais sont longs », confie le Dr Jean Bourbeau. « Pourtant, on devrait être fiers de nos institutions. »

D’autant plus que la recherche sur les médicaments contrôlant les symptômes n’est pas à négliger.

« Le vaccin, c’est plus sexy et tout le monde a accouru pour investir. Mais admettons que l’efficacité est au départ à 50 %, ça laisse 50 % des gens, plus ceux qui refusent le vaccin, complètement non immunisés », rappelle le Dr Houfar Sekhavat.

« On va avoir besoin de quelques molécules disponibles pour soigner ces gens-là et réduire les risques de complications. »