/news/politics

We Charity met un terme à ses activités au Canada

Agence QMI

Bill Morneau

capture d'écran

L’organisme WE Charity, qui a plongé le gouvernement Trudeau dans une grosse tempête politique, va finalement mettre fin à ses activités au Canada.

• À lire aussi: Une enquête réclamée à propos de la chef de cabinet de Trudeau et de son mari

• À lire aussi: Affaire WE Charity: le NPD demande la démission de la ministre Bardish Chagger

• À lire aussi: Les conservateurs exigent des documents à WE Charity

C’est ce qu’il a annoncé mercredi dans un communiqué, expliquant que la crise sanitaire actuelle «a considérablement perturbé» ses programmes d'aide.

«C'est avec une grande tristesse que WE Charity et son conseil d'administration annoncent qu'ils mettent fin aux activités de l'organisation au Canada», peut-on lire dans la déclaration.

Les actifs seront vendus «pour établir un fonds de dotation pour soutenir les programmes humanitaires internationaux existants [...] et numériser ses ressources éducatives canadiennes», a ajouté l’organisme fondé à Toronto par les frères Craig et Marc Kielburger, et qui fête ses 25 ans cette année.

Les cofondateurs prévoient de «quitter définitivement l'organisation», une fois le processus terminé.

WE Charity a concédé qu’outre la pandémie, la controverse autour du programme de Bourse canadienne pour le bénévolat des étudiants a aussi eu une incidence sur la décision de mettre fin à ses activités au pays. En l’occurrence, on indique qu’elle «a placé l'organisme au centre de joutes politiques et d'une désinformation contre lesquelles il est mal outillé pour lutter».

Mercredi, le cabinet du premier ministre n’a pas voulu commenter la nouvelle.

Au Parti conservateur, le nouveau chef Erin O’Toole croit que l’organisme «doit immédiatement fournir les documents que le Comité des finances a demandés concernant son implication» dans cette saga.

Le néo-démocrate Charlie Angus a soutenu de son côté que «la fermeture de WE Charity ne fait pas disparaître le scandale des libéraux», estimant que plusieurs questions restaient sans réponse.

Pour rappel, tout a commencé à la fin juin lorsque le fédéral a confié à WE Charity, sans appel d’offres, la gestion de ce programme de bourses de 543 millions $.

Le premier ministre Justin Trudeau et son ex-ministre des Finances, Bill Morneau, qui ne se sont pas récusés des discussions entourant l'octroi de ce contrat, ont dû subir les foudres des partis d’opposition.

Il faut savoir que l’organisation, qui s’est depuis retirée, a des liens avec des membres de la famille du premier ministre Trudeau et de M. Morneau.

L’affaire s’est aussi retrouvée devant le Comité permanent des finances du Parlement avec le témoignage de Justin Trudeau. Ce dernier a soutenu que WE Charity n’a pas joui d’un traitement de faveur, mais a regretté de ne pas s’être récusé des discussions de son conseil des ministres ayant mené à un partenariat avec l’organisation.

Quant à Bill Morneau, il a révélé avoir remboursé à WE Charity environ 41 000 $ pour des frais de voyage, quelques heures à peine avant sa comparution devant le Comité.

Devant le Comité, les frères Kielburger ont indiqué que le frère du premier ministre, sa mère et sa femme ont touché des honoraires en «frais directs», c’est-à-dire en frais de déplacement, et ce, pour avoir pris part à des événements organisés par WE Charity.

Dans ce dossier, le premier ministre Trudeau fait l'objet d'une enquête du commissaire à l'éthique - une troisième depuis son arrivée au pouvoir.

«Nous avons été naïfs»   

Dans une entrevue à CTV, les frères Craig et Marc Kielburger ont dit avoir été «naïfs» dans ce dossier, mais ne blâment personne, même s’ils auraient préféré que M. Trudeau et M. Morneau se récusent.

«C'était une pandémie. C'était un processus politique et il y avait une précipitation pour mettre en place une initiative», a souligné Craig. Marc a confié qu’il était «en colère face à cette situation».

Ils ont soutenu avoir accepté l’offre du gouvernement pour aider les jeunes et assurent que si la situation était à refaire, il répondrait encore oui à une telle demande.

Dans la même catégorie