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Le Beach Club implore la clémence de la Régie

Antoine Lacroix | Journal de Montréal

GEN-HELLS ANGELS, CANADA RUN AU BEACH CLUB

Photo d'archives, Martin Alarie

Le Beach Club a imploré la Régie des alcools de faire preuve de clémence en lui imposant la suspension de permis la plus courte possible pour minimiser les impacts économiques déjà importants de la pandémie de COVID-19.

«On ne sait pas quand l’industrie va reprendre, c’est encore beaucoup d’incertitude, a fait valoir hier Me David Beaudoin, qui représente le Beach Club. Une suspension d’une longue période va faire vraiment, mais vraiment mal. Ça va être très difficile.»

Le bar à ciel ouvert de Pointe-Calumet, dans les Basses-Laurentides, a été convoqué de nouveau hier au palais de justice de Montréal par la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) pour une réouverture d’enquête.

Rappelons qu’entre 2016 et 2018, on y a notamment recensé une cinquantaine d’intoxications à l’alcool ou à la drogue, des bagarres, de la vente de stupéfiants et la présence de Hells Angels à une douzaine d’occasions.

Des audiences concernant ces manquements ont eu lieu en février dernier, avant l’entrée en vigueur des mesures sanitaires.

Mais les régisseuses voulaient réentendre les parties quant à une sanction qui prendrait en compte les effets de l’état d’urgence.

Le Beach Club a avoué avoir perdu plusieurs centaines de milliers de dollars en raison des dépenses encourues en prévision de la saison 2020 qui ont été perdues à cause de la pandémie.

«On s’est fait couper l’herbe sous le pied par la COVID. [...] Il y a des dépôts d’artiste qu’on n’a pas pu récupérer», a souligné Marc-Antoine Laberge, directeur des finances de l’établissement.

Sanction coupée de moitié

Le Beach Club a réclamé que la sanction qu’il aurait reçue en temps normal soit coupée au moins de moitié, sinon plus, comme a pu bénéficier le Groupe Yvon Michel dans son dossier devant ce même tribunal administratif.

De son côté, le contentieux de la RACJ a rappelé le sérieux des manquements reprochés au bar.

«On demande une suspension significative pour qu’elle puisse avoir un réel impact», a insisté Me Guillaume Dutil-Lachance.

Selon lui, le Beach Club aurait dû tenir compte dans sa préparation pour l’été 2020 qu’une possible sanction de la RACJ aurait pu chambouler sa saison et que les impacts n’étaient pas seulement dus à la pandémie.


La décision de la RACJ devrait être rendue dans les prochaines semaines.