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«Slaxx»: sang et rires à profusion

Bruno Lapointe | Journal de Montréal

Une influenceuse goûte à la rage meurtrière des jeans griffés de Slaxx.

Photo courtoisie, Marlene Gelineau Payette

Une influenceuse goûte à la rage meurtrière des jeans griffés de Slaxx.

Sur papier, Slaxx avait tout d’un série B maladroit comme les fans d’épouvante en voient des dizaines par année. Mais le résultat est tout autre. Grâce à son flair, et au charisme indéniable de Romane Denis, Elza Kephart livre aujourd’hui une comédie d’horreur parfaitement déjantée qui plaira assurément aux amateurs du genre. 

Les objets inanimés aux pulsions meurtrières sont légion dans le cinéma d’horreur. Du très populaire Christine aux plus obscurs Rubber, Death Bed et autres Killer Condom (oui, oui !), les cinéastes ne manquent pas d’imagination pour créer des croque-mitaines, disons... hors-norme. 

Heureusement, Elza Kephart, elle non plus, ne manque pas d’imagination ni de ressources. La cinéaste montréalaise débarque sur nos écrans ce week-end avec Slaxx, une satire horrifique où une paire de jeans griffés sème la terreur dans une boutique branchée. 

Le résultat, on l’avoue, est franchement surprenant. Car Slaxx, c’est beau. C’est très beau même. L’esthétique hyper léchée colle parfaitement au propos de la cinéaste et à l’univers qu’elle dépeint. Même dans les (nombreuses) scènes particulièrement sanglantes, la cinéaste fait montre d’un souci du détail et d’une ingéniosité évidents.  

Hilarant

Mais Slaxx, c’est aussi drôle. Hilarant, même. Et c’est bien joué, un exploit particulièrement rare dans le domaine des comédies d’horreur. On s’en voudrait d’ailleurs de passer sous silence la prestation pratiquement irréprochable de Romane Denis. La jeune comédienne brille dans son premier rôle en anglais qui, on peut déjà le prédire, lui ouvrira certes quelques portes vers de nouveaux marchés. 

Là où le bât blesse, c’est au niveau du rythme. 

Alors que Slaxx démarre sur les chapeaux de roue et continue de filer à vive allure, il trébuche dans le dernier tiers. Certes, un certain ralentissement s’imposait afin de bien établir l’origine de cette malédiction permettant aux pantalons de prendre vie et d’effectuer leur vengeance. Mais le film ne se remet malheureusement pas de cette rupture de ton. 

Ah, un conseil d’ami. Si vos capacités linguistiques vous le permettent, on vous conseille très fortement de découvrir Slaxx dans sa version originale anglaise, plutôt que dans sa version traduite. Vous nous en remercierez.    

Slaxx (3,5/5)   

Un film d’Elza Kephart.

Avec Romane Denis, Brett Donahue et Sehar Bhojani. À l’affiche.