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Des genoux à terre pour les premiers matchs de la saison dans la NFL

Agence France-Presse

Des dizaines de joueurs et d'entraîneurs se sont agenouillés et six équipes sont restées dans leurs vestiaires pendant l'hymne national américain, dimanche à l'occasion des premiers matches de la nouvelle saison de football américain (NFL).

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Après des mois de protestations continues contre le racisme après la mort de George Floyd le 25 mai lors de son interpellation, le sport le plus populaire des États-Unis a vu un regain d'activisme chez ses acteurs, dans le sillage d'autres sportifs comme les basketteurs NBA à la pointe de ce combat.

L'entraîneur-chef des Colts d’Indianapolis, Frank Reich, s'est agenouillé tandis que ses joueurs lui ont tenu les bras pendant l'hymne avant leur match contre les Jaguars à Jacksonville. «Nous ne resterons pas silencieux, nous ne serons pas neutres, nous ne serons pas passifs», ont justifié les Colts sur Twitter.

«Notre intention est d'attirer l'attention sur la question du racisme systémique et de l'injustice qui en découle», ont-ils ajouté. «Nous ne protestons pas contre le drapeau, l'hymne ou les hommes et femmes qui portent l'uniforme. Cette action vise à souligner que la présence, le pouvoir et l'oppression du racisme restent incompatibles avec l'unité et les libertés qui déterminent ce qu'est être Américain.»

À Atlanta, les membres des Seahawks de Seattle et des Falcons d’Atlanta sur le terrain se sont aussi tous agenouillés, immédiatement après le coup d'envoi de leur match. Les joueurs et les entraîneurs des Seahawks portaient des t-shirts portant le slogan «Nous voulons la justice» pendant leur échauffement.

À Baltimore, le quart-arrière des Ravens Lamar Jackson et une majorité de ses coéquipiers ont posé genou à terre ou se sont assis pendant l'hymne.

L'agenouillement avait été adopté par l'ancien quart-arrière des 49ers de San Francisco Colin Kaepernick en 2016, pour protester contre les violences policières faites aux Noirs. Ce qui lui avait valu quelques mois plus tard les insultes de Donald Trump, et lui avait coûté in fine sa carrière.

Sur les 18 équipes impliquées dans les neuf matches au programme dominical, six ont elles choisi de rester dans leurs vestiaires, pendant qu'était entonné le Star-Spangled Banner

Ils sont aussi restés à l'intérieur pour Lift Ev'ry Voice and Sing, une chanson considérée comme «l'hymne national noir», que la NFL a souhaité faire jouer avant tous les matchs du jour.

Kaepernick n'y croit pas trop

L'instance a lancé d'autres initiatives pour mener campagne contre l'injustice raciale. Les zones d'en-but affichent les mots «End Racism» (Fin au racisme) et «It Takes All of Us» («C'est à nous tous»), tandis que les joueurs peuvent mettre des autocollants sur leur casque avec les noms de victimes.

«De la propagande», a tweeté Kaepernick, dénonçant le fait que son ancien coéquipier chez les 49ers, Eric Reid, soit au chômage. Ce dernier, qui s'était agenouillé avec lui en 2016 et 2017, puis encore la saison passée sous le maillot des Carolina Panthers, n'a pas été conservé par ce club ni embauché par un autre depuis.

«Alors que la NFL fait de la propagande sur la façon dont elle se soucie de Black Lives Matter, elle continue de critiquer activement Eric Reid pour s'être battu pour la communauté noire», a écrit Kaepernick, rappelant que le joueur «a établi deux records de concession l'année dernière et est l'un des meilleurs joueurs défensifs de la ligue.»