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Des snowbirds coincés au Québec

Catherine Bouchard | Journal de Montréal

Le nombre de snowbirds qui convergent vers la Floride chaque hiver pourrait être réduit de moitié cette année en raison de la pandémie. 

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Avec l’incertitude entourant la pandémie et les frontières terrestres qui sont fermées au moins jusqu’au 21 septembre, bon nombre de voyageurs qui ont l’habitude de passer leurs hivers en Floride ont déjà décidé de rester au froid cette année, alors que d’autres sont toujours indécis. 

Les offres d’assurances plus rares et plus dispendieuses en font aussi hésiter certains. 

L’éditeur en chef du magazine Carrefour Floride, un mensuel qui s’adresse à la communauté francophone en Floride, s’attend à une baisse significative des visiteurs québécois. 

« Normalement, il y a entre 150 000 et 250 000 personnes qui viennent en Floride chaque année », indique Michel Séguin.  

« À mon avis, cette année, on divise ça par deux », ajoute-t-il. 

Inquiétudes  

La clientèle qui a plus peur de l’hiver que de la COVID-19 va venir en Floride coûte que coûte, fait valoir M. Séguin. 

Selon un sondage dévoilé jeudi dernier par CAA-Québec, 54 % des snowbirds espèrent encore pouvoir passer l’hiver dans le sud. Toujours selon le même sondage, seulement 20 % des gens ont déjà décidé s’ils partaient cette année et la réponse est « non » dans 88 % des cas. 

Finalement, un répondant sur quatre ignore encore à quel moment il prendra sa décision. Le facteur déterminant de celle-ci est l’évolution du virus. 

Denise Dumont, rédactrice en chef du mensuel Le Soleil de la Floride, croit que les personnes plus âgées seront certainement plus réticentes et les séjours seront différents.   

Mais elle et M. Séguin affirment qu’il n’y a pas plus de risques en Floride qu’au Québec. « Les cas sont concentrés dans le sud de la Floride et le comté de Miami et ce n’est pas là que les snowbirds se retrouvent », fait valoir Mme Dumont.

Un logement au cas où  

En attendant la réouverture des frontières, des habitués de la Floride, qui n’ont que leur véhicule récréatif en guise de maison, doivent se trouver un logis temporaire. 

D’autres ont de la difficulté à trouver, car le Québec est en pleine crise du logement.  

« On n’est pas équipés pour l’hiver et on n’a pas de meubles non plus. On a trouvé un appartement au mois, meublé », raconte Andrée Roussel, ajoutant qu’elle a la possibilité de résilier son bail si les frontières rouvrent et qu’elle peut prendre la route de la Floride.   

Manon Lamontagne, pour sa part, est toujours à la recherche d’un logement pour elle et son conjoint qui vivent dans un motorisé depuis 2008. 

« J’en ai vu des tout meublés, de toutes les grandeurs, mais ce sont les prix qui sont à la hausse, c’est exagéré », lance-t-elle. Elle en a vu un notamment à 1790 $ par mois. 

« Si on ne trouve pas, on va devoir payer ce prix-là », se désole-t-elle. 

Les sites de camping achalandés    

Les snowbirds qui n’ont plus de résidence permanente au Québec et qui ne sont pas certains de partir en Floride cet hiver sont encore très nombreux sur les sites de camping. 

Cette solution est évidemment temporaire, indique Simon Tessier, porte-parole pour Camping Québec.  

« Ç’a été une chose de les accommoder au printemps en urgence. Maintenant, ils ont eu beaucoup de temps pour prévoir une solution de rechange », fait-il valoir.  

« Avec la fermeture des frontières, on a avisé nos entrepreneurs que les snowbirds risqueraient d’avoir des problèmes, et surtout d’éviter un transfert de problème vers un opérateur de terrains de camping. » 

Le porte-parole de Camping Québec indique avoir eu des discussions avec l’Association Hôtellerie Québec (AHQ), pour voir si des membres avaient des chambres de style appartement qui pourraient être disponibles sur location à long terme.  

« On leur a offert notre réseau pour poursuivre les discussions », précise le porte-parole.  

Crise du logement   

Le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) prévient que les gens ne devraient pas trop attendre avant de trouver un plan B, car le Québec fait face à un taux d’inoccupation au plus bas en 15 ans, soit de 1,8 %.  

« Avec la rareté de logement locatif, en général, ça pourrait représenter un enjeu majeur pour les gens qui n’ont pas encore de bail », indique la porte-parole, Véronique Laflamme. 

« S’ils sont plusieurs à rester, ça pourrait être un enjeu, car les logements disponibles sont très rares, et plus chers aussi. C’est quelque chose qu’il faudra surveiller. »