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Le party se transporte sur les trottoirs

Jérémy Bernier et Nora T. Lamontagne | Journal de Montréal

La fête et les attroupements se retrouvent sur les trottoirs devant les bars dans de longues files d’attente maintenant que ces établissements doivent tenir un registre des visiteurs.

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En se promenant sur les rues animées par les bars et boîtes de nuit vendredi soir, à Montréal, il y avait de quoi être surpris. 

C’est que les règles qui s’appliquent à ces établissements — pas plus de 50 % de leur capacité d’accueil normale et l’ajout de l’obligation de tenir un registre des visiteurs — ont provoqué des attroupements près de leur entrée. 

De longues files de jeunes adultes, masqués ou non, faisaient fi de la distanciation physique sur le trottoir en attendant de pouvoir entrer.  

Les fêtards étaient nombreux à faire la file devant les bars du boulevard Saint-Laurent.

Photo Nora T. Lamontagne

Les fêtards étaient nombreux à faire la file devant les bars du boulevard Saint-Laurent.

Le même problème est observé dans certains établissements de Québec, dont à la Taverne Grande Allée. « On a de longues files devant l’établissement. On n’a pas le choix, [avec le registre] ça prend beaucoup plus de temps. On prend les clients un par un, ça ralentit le processus d’entrée », explique le copropriétaire du bar Frédéric Desrosiers. 

Rappel à l’ordre 

Cette situation contrarie Peter Sergakis, président de l’Union des tenanciers de bars du Québec. « Dehors, c’est notre responsabilité aussi. Ceux qui attendent dehors, ce sont nos clients », affirme-t-il, en rappelant ses collègues à l’ordre pour éviter à tout prix une refermeture des bars. 

Rappelons qu’à la suite d’une éclosion qui a touché au moins 72 personnes au bar Le Kirouac, à Québec, la Santé publique a déjà interdit les activités de karaoké. Au passage du Journal sur Saint-Laurent, à Montréal, quelques établissements, mais pas tous, exigeaient le nom et le numéro de téléphone de leurs clients. 

Le gouvernement oblige depuis vendredi la tenue d’un tel registre, qui était jusqu’alors seulement recommandée, afin de faciliter le traçage des contacts d’une personne qui a contracté la COVID-19. « Si ça peut éviter un branle-bas de combat pour retrouver un cas dans un commerce, c’est une bonne chose. Si ça peut nous permettre de rester ouvert, pourquoi pas. C’est une bonne police d’assurance », estime pour sa part Fabio Monti, propriétaire du Bistro L’Atelier, dans la Vieille Capitale. 

Il y a une dizaine de jours, François Legault n’excluait pas de resserrer encore une fois les règles ou même de fermer les bars si la situation s’aggravait. 

Contraste 

À l’intérieur des bars, toutefois, le portrait était tout autre. Par les grandes vitres qui bordent le boulevard Saint-Laurent dans la métropole, on pouvait distinguer des fêtards habillés pour veiller, sagement assis, un verre à la main. Les serveurs, masqués, allaient et venaient sans avoir besoin de se faufiler dans une foule compacte.  

Dans la boîte de nuit Muzique, même la piste de danse était complètement vide malgré le DJ qui continuait à faire jouer du reggaeton au volume habituel. À mesure que l’heure a avancé, les zones d’attente des bars normalement les plus achalandés se sont vidées. Après le last call de minuit prévu dans les règles, les clients se sont fait de plus en plus rares. Et à une heure du matin, les bars étaient vides.