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Une vidéo qui inquiète à Sainte-Justine

Nora T. Lamontagne | Journal de Montréal

Une jeune mère dont le bébé a été hospitalisé au CHU Sainte-Justine prétend qu’on va les transférer dans une zone avec des gens positifs à la COVID-19.

Captures d'écran YouTube

Une jeune mère dont le bébé a été hospitalisé au CHU Sainte-Justine prétend qu’on va les transférer dans une zone avec des gens positifs à la COVID-19.

La vidéo d’une mère qui affirme qu’elle et son bébé seront transférés dans une zone pour patients positifs à la COVID-19 après avoir refusé un test de dépistage au CHU Sainte-Justine inquiète une responsable de l’hôpital d’autant plus qu’elle est relayée dans les cercles complotistes.

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Dans son témoignage, la jeune mère en larmes raconte avoir refusé que sa fillette âgée de 6 jours subisse un test de dépistage du coronavirus à son admission au centre hospitalier pour une jaunisse. 

« J’ai refusé qu’on lui fasse le test [...] donc ils vont nous transférer dans une zone où sont les gens infectés », dit-elle à la caméra.

La vidéo a été mise en ligne sous le titre « Opération génocide » par Guy Boulianne, un homme qui propage des théories du complot concernant la COVID-19.

Elle avait été vue plus de 100 000 fois dimanche en fin de soirée.

Nombreux étaient ceux à dénoncer dans les commentaires le test de dépistage d’un bébé à un si jeune âge ou le supposé transfert de cette mère et de son enfant dans une zone où ils auraient pu contracter le coronavirus.

Or, le CHU Sainte-Justine se défend bien d’avoir mis leur vie en danger. 

« Tous les patients qu’on admet sont testés pour la COVID, peu importe l’âge [comme dans tous les hôpitaux québécois] », rappelle tout d’abord la Dre Caroline Quach, médecin responsable de l’unité de prévention et contrôle des infections au CHU Sainte-Justine.

Pas à risque

Comme la mère refusait le test, son enfant a été transférée de la pouponnière, une aire ouverte, à une chambre individuelle dans une zone « tiède » de l’unité de pédiatrie.

« L’enfant n’y est absolument pas à risque et le personnel non plus », explique la Dre Quach. 

Même si la mère a déjà quitté l’établissement de santé, des internautes font grand cas de cette histoire sur les réseaux sociaux, au lendemain d’une manifestation qui a réuni près de 10 000 « antimasques » à Montréal. 

« C’est inquiétant que les gens ne soient pas capables de faire la part des choses », s’inquiète la Dre Quach. 

La mère n’a pas répondu aux demandes du Journal.