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La COVID et l’obésité: une grossophobie déguisée?

TVA Nouvelles

Si elles devaient être contaminées par la COVID-19 et puis hospitalisées, des personnes en situation d’obésité disent craindre que leur poids joue contre elles si les médecins étaient contraints à choisir entre deux patients.

Advenant une situation où il y aurait une pénurie d’équipement, des respirateurs artificiels par exemple, et où un triage basé sur les chances de survie devait être effectué, nombreuses sont les personnes en surpoids qui croient qu’on leur préférerait une personne plus mince, avance Édith Bernier.

L’auteure du livre intitulé «Grosse, et puis?», déplore qu’il s’agit là d’une grossophobie déguisée.

«Je suis particulièrement sensibilisée à la nécessité de faire attention de ne pas attraper la COVID [...] Mais je vais dire que je fais particulièrement attention parce que si jamais [...] je développais la forme grave [de COVID], si on avait un choix à faire, j’aurais peur que je ne sois pas la gagnante, malheureusement», dit-elle.

C’est d’ailleurs un écho qu’elle a entendu plusieurs fois d’autres personnes qui sont grosses.

Édith Bernier a par ailleurs déploré l’exclusion par le gouvernement des personnes ayant un indice de masse corporelle (IMC) de plus de 40 % du programme de formation accélérée pour les préposés aux bénéficiaires. Une décision non justifiée, selon elle.

«C’est un refus qui n’est pas pertinent, dans le sens où on n’a pas testé la capacité de ses gens à faire le travail», lance-t-elle.

En guise de comparaison et pour valoir son argument, Mme Bernier donne l’exemple de Laurent Duvernay-Tardif.

«Ce gars-là a un IMC de 38. Donc ça veut dire qu’après un temps des fêtes bien arrosé et bien nourri, il ne pourrait probablement pas faire le programme. Pourtant, on s’entend que c’est un athlète. C’est la même chose chez plusieurs haltérophiles», fait-elle valoir.

Le gouvernement avait jadis justifié sa décision en raison des risques accrus de complications que la COVID-19 posait envers les personnes obèses.

Une décision qui est simplement arbitraire, affirme Édith Bernier.