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Les tâches de nettoyage en milieu scolaire ne plaisent pas aux spécialistes

Charel Traversy | TVA Nouvelles

Depuis la rentrée scolaire, des orthopédagogues sont chargés de la désinfection et des psychoéducateurs doivent surveiller les élèves. Ces professionnels de l’éducation, dont la spécialité est de venir en aide aux élèves en difficulté, se voient confier des tâches non reliées à leur champ d’expertise.

«On prive des élèves vulnérables de services. On a des élèves anxieux qui le sont encore plus dans ce contexte de la rentrée scolaire qui est exceptionnelle, qui ont besoin de psychoéducation, de psychologie et qui n'ont pas de service direct présentement», a déclaré Alexandra Vallières, présidente du Syndicat du personnel professionnel de l’éducation du Coeur et du Centre-du-Québec.

«Nos élèves en trouble d'apprentissage qui ont besoin d'orthopédagogie, d'orthophonie eux aussi n'ont pas de service direct. Donc l'écart va se creuser au niveau des apprentissages», a-t-elle ajouté.

La situation est préoccupante dans plusieurs écoles et non seulement en Mauricie. La Fédération des professionnels de l'éducation a envoyé un sondage la semaine dernière pour mesurer l'ampleur du problème.

«Dans la majorité des régions du Québec, il y a des professionnels qui font ça. Dans certains centres de services scolaires, c'est plus important que d'autres. De l'aide ponctuelle [pour les mesures sanitaires], on est d'accord on est prêt à aider. Mais quand cette aide devient récurrente, sur toute l'année scolaire d'après moi c'est abusif», a déclaré Jacques Landry, président de la FPPE.

Un professionnel sondé par la FPE a affirmé devoir débuter sa journée «avec la surveillance du lavage des mains. Lors des pauses, c'est la surveillance des masques. Durant les cours, on aide les enseignants avec le manque de matériel en classe. Présentement, dans mon bureau je n'ai pas encore mon plexiglas, pas de désinfectant», a-t-il dit.

Un autre travailleur a énuméré ses nouvelles tâches et confié que «le décalage de l'heure du dîner le prive de 75 minutes d'intervention pour les jeunes vulnérables.»

Ces tâches sont devenues quotidiennes dans certaines écoles. Pourtant, le 17 août dernier le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, avait promis de libérer les professionnels de l’éducation de 560 000 heures de bureaucratie pour donner plus de services d’aide.

Le ministère a répondu à ces affirmations qu'il n'est pas acceptable de perdre de précieuses heures pour des tâches de surveillance ou de désinfection et qu’un rappel clair sera fait pour s'assurer que ces situations problématiques cessent dans les meilleurs délais.

On ajoute qu'il se peut que dans des situations d'exception, et qu'en dernier recours, certains professionnels soient appelés en renfort dans une classe de manière temporaire.