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L’immigration, toujours une des solutions, rappelle l’IDQ

Martin Jolicoeur | Journal de Montréal

bloc touristes immigrants

Photo Adobe stock

Pour rétablir la confiance des dirigeants d’entreprises et ainsi espérer une reprise rapide des investissements privés, l’Institut du Québec (IDQ) propose de s’attaquer de front au manque de main-d’œuvre en résistant entre autres à toute tentation de réduction des niveaux d’immigration. 

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Dans un rapport portant sur la chute marquée des intentions d’investissements privés depuis la COVID, l’IDQ soutient au contraire que l’inquiétude liée à la rareté de main-d’œuvre doit être résorbée, entre autres par une « immigration ciblée et soutenue ». 

Même que, compte tenu de l’importance de cette pénurie pour les entreprises, ses deux auteurs (Jean-Guy Côté et Karl Zayat) n’hésitent pas à proposer de reporter les cibles non atteintes de 2020 pour les ajouter à celles des années subséquentes.

Message à Legault

« Il ne faut pas tomber dans le piège d’une réduction des quotas pour les années à venir sur la base d’une hausse du taux de chômage qui risque d’être temporaire », écrivent-ils.

Un message à peine voilé à l’attention du premier ministre qui, plus tôt ce printemps, affirmait envisager d’abaisser les seuils d’immigration de la province en réponse à la hausse du taux de chômage.

En 2018, année d’élection du gouvernement Legault, le Québec a accueilli 51 118 immigrants, toutes catégories confondues. L’année suivante, le Québec n’en aura admis que 40 546, ce qui respecte sa promesse de réduction de 20 % faite en campagne électorale.

En entrevue, le directeur associé de l’IDQ, Jean-Guy Côté, rappelle l’importance de l’immigration dans certaines régions, comme Chaudière-Appalaches, aux prises avec d’importantes pénuries de travailleurs. 

« Le besoin est grand, ne serait-ce que pour remplacer les retraités. Des usines en dépendent. Et la trame de fond demeure, dit-il : le vieillissement de la population ne s’arrêtera pas. »

Pour venir à bout du manque de main-d’œuvre, identifié comme principal obstacle à la reprise des investissements privés nécessaires à la relance de l’économie, l’IDQ suggère une meilleure adéquation entre les besoins des entreprises et ceux des chômeurs, souvent issus de secteurs en décroissance. 

Des situations de pénuries pourraient être résolues entre autres par l’organisation de formations accélérées, à l’image de ce qui a été fait pour répondre aux besoins de préposés aux bénéficiaires pendant la COVID. Plusieurs autres secteurs, estime l’IDQ, pourraient bénéficier du même type d’actions.