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Menaces sur Twitter : «une conduite qui signe une détresse», affirment des experts

Vincent Larin | Agence QMI

Le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, s’est ajouté lundi à la liste des politiciens récemment menacée de mort sur les réseaux sociaux. Selon des experts, ce phénomène en hausse pourrait s’expliquer par le confinement qui a accentué la détresse dans la population.

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Le député de Matane-Matapédia a porté plainte à la Sureté du Québec, lundi.

« Sur un individu qui prétend que ma conjointe et moi ne pourrons bientôt plus marcher dans les rues et que nous sommes des traîtres. Alors j’ai la couenne plutôt dure, mais là on vient d’embarquer ma conjointe là-dedans, là je vois rouge », a-t-il dit, à l’Assemblée nationale.

« Vous et votre conjointe ne pourrez plus marcher dans les rues bientôt. Nous avions confiance en vous, indépendantiste (supposément) vendu au mondialisme un traitre à la nation. Voilà ce que vous êtes tous les deux », pouvait-on lire dans le tweet écrit par celui qui se fait appeler Lys Patriote sur Twitter, mardi.

L’individu l’a depuis retiré et s’est excusé.

La présidente de l’Ordre des psychologues du Québec, Christine Grou, y voit les conséquences des évènements des derniers mois.

« Ça peut être un signe que les gens pètent les plombs beaucoup plus facilement par les temps qui cours », a-t-elle suggéré en entrevue avec l’Agence QMI tout en refusant de commenter le cas particulier de Lys Patriot.

Depuis le début de la pandémie de COVID-19, de nombreux Québécois vivent dans l’isolement avec pour conséquences « une certaine détresse psychologique », a ajouté Mme Grou.

« Souvent les personnalités publiques [sur les réseaux sociaux] vont être des cibles faciles, car ils sont des boucs émissaires. Quand les gens ne vont pas bien, ils n’ont pas de sens critique », at-elle expliqué.

D’ailleurs les nouveaux comptes se sont multipliés sur les réseaux sociaux depuis le début de la pandémie, particulièrement sur Twitter, pour le meilleur et pour le pire, a estimé la chargée de cours à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et auteure, Nadia Seraiocco.

« Au Québec on est énormément touché par la pandémie. On n’est pas plus complotiste qu’ailleurs, mais les gens sont dépassés par la situation », dit-elle pour expliquer cette « petite montée d’agressivité sur les réseaux sociaux ».

Mais même cachés derrière son écran et son clavier, nous sommes autant responsables de nos paroles qu’en personne.

« Si on considère que c’est inacceptable de le faire en personne, ce ne l’est pas plus sur les réseaux sociaux », a indiqué la chargée de cours en ajoutant qu’il est maintenant très facile pour les policiers d’obtenir une foule d’informations sur des comptes pourtant censés être anonymes.

Le 6 septembre dernier, la Sureté du Québec avait ouvert une autre enquête concernant des propos tenus en ligne et qui visaient le premier ministre François Legault. En novembre dernier, la députée solidaire Christine Labrie avait livré un vibrant plaidoyer à l’Assemblée nationale pour mettre en lumière les nombreuses menaces reçues par les élues sur les réseaux sociaux.