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Nouveau-Brunswick: Blaine Higgs remporte son pari

Agence QMI

PHOTO D'ARCHIVES, AFP

Le premier ministre sortant du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, a remporté son pari lundi soir en obtenant une majorité lors des premières élections générales tenues au Canada depuis le début de la pandémie.

Le Parti progressiste-conservateur a remporté 27 sièges sur les 49 que compte la province, ce qui lui assurera une courte majorité à l'Assemblée législative. Les libéraux ont dû se contenter de 17 sièges, tandis que les verts et l'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick suivent avec, respectivement, trois et deux sièges.

En plus de remporter la majorité des sièges, les progressistes-conservateurs avaient obtenu environ 39,3 % des voix exprimés, contre 34,4 % pour les libéraux vers 21 h 45. Les verts, à 15,2 %, et l'Alliance, à 9,2 %, fermaient la marche.

Sans surprise, les appuis aux libéraux se sont concentrés dans le nord de la province et en Acadie, tandis que les votes pour les progressistes-conservateurs se sont cristallisés dans le reste de la province, particulièrement en milieu urbain.

M. Higgs a donc, comme prévu par les sondages, réussi son pari. Le chef progressiste-conservateur à la tête d’un gouvernement minoritaire depuis l'automne 2018 avait décidé de déclencher des élections anticipées le 17 août dernier après quelques jours de négociations avec les partis de l'opposition, jugeant que son gouvernement ne pouvait plus aller de l'avant.

M. Higgs lui-même a été réélu dans sa circonscription de Quispamsis, tandis que son principal rival, le chef libéral Kevin Vickers, a été vaincu dans la circonscription de Miramichi. M. Vickers était devenu célèbre en 2014 en abattant un assaillant au Parlement d'Ottawa, alors qu'il était le sergent d'arme de la Chambre des communes.

Majorité

«Ce soir, la route s'est dégagée. [..] Les Néo-Brunswickois veulent que nous saisissions le momentum et que nous continuions à aller de l'avant», s'est enthousiasmé M. Higgs dans son discours de victoire.

«Je continuerai d'être inclusif et collaboratif, que ce soit avec les régions urbaines ou rurales. Notre objectif sera d'aider toutes les régions [...]. Ensemble, nous allons nous remettre [de la pandémie], nous allons atteindre notre plein potentiel et nous allons atteindre de nouveaux sommets», a ajouté M. Higgs.

Le premier ministre a profité de l'occasion pour féliciter ses concitoyens, qui se sont rendus nombreux aux urnes malgré la COVID-19.

Démission

«Je sais que plusieurs d'entre vous sont déçus par les résultats et j'en assume l'entière responsabilité. En conséquence, je remets ma démission en tant que chef du parti libéral du Nouveau-Brunswick», a quant à lui réagi Kevin Vickers, visiblement déçu par les résultats.

«Il reste encore beaucoup de travail à faire pour faire croître notre économie, protéger notre environnement et combler le fossé entre les gens du Nouveau-Brunswick», a-t-il ajouté en appelant ses troupes à préserver les valeurs de son parti.

De son côté, le chef des verts, David Coon, a reconnu en entrevue avec CTV News qu'il espérait qu'un nouveau gouvernement minoritaire soit élu, jugeant au passage qu'à son avis, le précédent gouvernement des deux dernières années «a servi les Néo-Brunswickois magnifiquement».

M. Coon s'est également félicité de constater que son parti a pu conserver ses sièges, tout en augmentant sa part du vote populaire.

Campagne atypique

Pandémie oblige, la campagne électorale de quatre semaines a pris un visage inusité en se déroulant presque entièrement sur les réseaux sociaux et par le biais de conférences de presse. Les traditionnelles poignées de main, photos avec des bébés et porte-à-porte ont dû être laissées de côté par les candidats, qui se devaient de respecter les règles de distanciations sociales.

La dernière élection générale au Nouveau-Brunswick, le 24 septembre 2018, s'était soldée par un résultat controversé, les libéraux remportant le vote populaire, mais avec un siège de moins que les progressistes-conservateurs. L'ancien premier ministre libéral Brian Gallant avait tenté de rallier l'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick et le Parti vert pour former un gouvernement, sans succès, laissant ainsi la voie libre à Blaine Higgs.