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Ottawa sommé de rapatrier des enfants canadiens détenus en Syrie

TVA Nouvelles

Plusieurs voix s’élèvent pour demander au gouvernement Trudeau de rapatrier au pays une vingtaine d'enfants canadiens, nés de parents jihadistes, qui sont actuellement prisonniers en Syrie.

Si Ottawa se dit préoccupé, il affirme que sa capacité à offrir une aide est extrêmement limitée.

La moitié des enfants détenus ont moins de 6 ans. Parmi eux on y trouve la nièce de Leïla Sakhir, qui aura bientôt 2 ans.

«Elle se porte comme un enfant se porte dans ce genre de situation. Donc en malnutrition, dans des conditions lamentables et en déficit de beaucoup de choses au niveau de son développement», déplore Mme Sakhir.

Leïla a retrouvé sa nièce au camp Al-Hol, dans le nord-est de la Syrie. Un documentaire diffusé il y a 2 semaines montre ses démarches pour retrouver la fille de son frère décédé l'année dernière. Ce dernier était parti combattre aux côtés du groupe armé État islamique.

Toutefois, les enfants sont prisonniers depuis la chute du groupe, en février 2019.

Ils sont notamment détenus en raison de la peine de leurs parents.

«Il n’y a aucune raison en fait. Ces enfants sont juste des enfants. Ils sont Canadiens et ils devraient être rapatriés ici au sein de leur famille», explique Leïla Sakhir.

Pour le Nouveau parti démocratique (NPD), il y a là urgence humanitaire.

«Par son inaction, le gouvernement de Justin Trudeau nous fait honte et représente mal nos valeurs progressistes et humanitaires en tant que sociétés québécoises et canadiennes», martèle le député Alexandre Boulerice.

Même si une vingtaine de pays ont déjà rapatrié leurs citoyens, mais à Ottawa, le gouvernement Trudeau continue de dire qu’il serait trop dangereux d’envoyer des membres des services consulaires dans le Nord-Est syrien. 

«En Syrie, il y a beaucoup de pays qui ont une présence sur le terrain. Le Canada n’est pas un pays qui a une présence quelconque sur le territoire syrien», avait expliqué le premier ministre Justin Trudeau au mois de juin.

Pour Stéphane Handfield, avocat spécialisé en immigration, les paroles du gouvernement sont fausses.

«Tous les officiers à qui ont a parlé ont été très clairs sur le fait que si le gouvernement canadien venait, c’est sûr que tous les accès seraient ouverts» avance Mme Sakhir.

«Les Américains de Trump ont rapatrié leurs enfants... je pense que ce n’est pas peu dire», ajoute M. Handfield.

D’ici là, ils espèrent que le documentaire «Les poussières de Daech» saura convaincre Ottawa de ramener ces enfants au pays.