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RSEQ: la saison de football universitaire annulée

Richard Boutin | Le Journal de Québec

Dans un vote confidentiel tenu en fin de semaine, les directeurs des sports de toutes les institutions ont annulé la saison d’automne de sport universitaire. Le RSEQ a fait connaître la décision, lundi, décision qui avait été prise par les trois autres conférences au pays, en juin.

Le football et le rugby seront réduits uniquement à des entraînements, alors que le golf, le cross-country et le soccer pourront tenir des événements hors-concours qui ne seront pas sanctionnés par le RSEQ.

«Nous sommes tous déçus qu’il n’y ait pas de football, mais ce fut une décision collective influencée par plusieurs facteurs, a expliqué la directrice du Service des activités sportives (SAS) de l’Université Laval, Julie Dionne, au sujet du vote des 12 institutions. Chaque institution avait ses enjeux et nous avons jugé que c’était la meilleure solution d’annuler la saison. Ce ne sont pas les recteurs qui ont tranché, mais ils ont été tenus informés. Le vote secret évite qu’on tente de trouver des coupables.»

Étant donné que le risque zéro n’existe pas et que des cas positifs allaient inévitablement être déclarés, est-ce que les directions sportives ont été trop frileuses ? «L’avenir nous le dira, mais je ne crois pas que nous avons été trop frileux, a affirmé Dionne. Pour le football et le rugby, nous avons jugé à la lumière des informations qu’on possédait que le risque était plus grand. Pour le soccer, le golf et le cross-country, le risque a été jugé de faible à modéré. Les athlètes de football et de rugby vont pouvoir continuer de s’entraîner et l’Université leur offrira les mêmes services.»

«Journée très difficile»

À Montréal, Manon Simard n’avait pas le cœur à la fête.

«C’est une journée très difficile, a exprimé la directrice du sport d’excellence à l’Université de Montréal. Quand je me suis levée lundi, j’avais le cœur gros. On travaille à offrir des expériences positives et à faire grandir nos étudiants-athlètes tout en leur faisant vivre des émotions, et nous avons dû prendre une décision qui n’est pas reliée au sport, mais à la santé. Contrairement au reste du pays, on s’était donné le maximum de temps pour recueillir des informations. On a été le plus loin qu’on pouvait.»

Des réalités différentes

Pourquoi le sport collégial d’automne pourra reprendre ses activités contrairement au réseau universitaire ? «Nous sommes un petit groupe en football universitaire (5 équipes), et qu’est-ce qu’on aurait fait si nous avions perdu un ou deux joueurs, a expliqué Simard. Au collégial, ils misent sur des outils pour s’adapter au contexte de la pandémie. Nos réalités sont très différentes.»

Jean-Noël Corriveau estime qu’il sera plus facile de tenir des événements qui ne seront pas sanctionnés par le RSEQ. «On aura plus de flexibilité si on doit annuler ou reporter, a indiqué le coordonnateur du programme d’excellence Rouge et Or. Ça va permettre de garder l’intérêt des athlètes qui auront l’occasion de compétitionner. On aurait pu prendre notre décision d’annuler la saison d’automne comme ailleurs au pays, mais on ne voulait pas avoir de regrets rendu en septembre selon l’évolution de la situation.»

Grande déception chez les entraîneurs

La déception est très grande parmi les entraîneurs de la Conférence Québec qui espéraient au moins pouvoir disputer quelques parties hors concours.

«Il y a beaucoup de déception chez les entraîneurs, mais encore plus chez les joueurs qui s’entraînent dans l’incertitude depuis quelques mois contrairement aux joueurs d’ailleurs au pays qui connaissaient leur sort depuis juin, a raconté l’entraîneur-chef, Glen Constantin. La déception est aussi grande chez nos joueurs sinon plus que celle des joueurs du reste du pays. Il y aura un deuil à faire et une rencontre d’équipe est prévue mardi pour voir ce qu’ils veulent faire et préparer un plan.»

Frustation

«C’est dur et il y a un peu de frustration de constater l’incohérence entre les réseaux collégial et universitaire, de poursuivre Constantin. Je ne pensais pas que la COVID faisait de la discrimination entre les joueurs collégiaux et scolaires qui pourront jouer et les joueurs universitaires. Au minimum, je m’attendais à ce qu’on puisse disputer des parties hors concours ou des entraînements conjoints avec d’autres équipes, ce que les formations du reste du pays pourront faire. On aurait tenu trois entraînements par semaine. Ce ne sont pas des haltérophiles et il faut leur donner un certain plaisir en leur permettant de jouer au football. J’avais félicité les gars pour leur été d’entraînement.»

Une décision inattendue

Marco Iadeluca abondait dans le même sens.

«La décision a pris les entraîneurs par surprise, a affirmé le pilote des Bleus qui devra patienter avant de pouvoir diriger son premier match. Ça fait des mois qu’on travaille sur différents scénarios. On pensait jouer des parties hors concours et tenir des entraînements conjoints, ce qui aurait permis de garder la motivation et de compétitionner.»

«J’ai 100 % confiance dans nos docteurs et notre équipe médicale, et on n’a pas le choix de se rallier, d’ajouter Iadeluca qui a rencontré ses joueurs, lundi soir. Notre travail est de rester concentrés sur la suite parce que la déception est profonde.»

Plus que jamais, Constantin croit à la pertinence de mener à terme son projet d’un tournoi regroupant six équipes au PEPS en mai prochain.