/news/law

Le père d'un bambin violenté témoigne à Saguenay

Jean-François Tremblay | TVA Nouvelles

Le père du bébé présumément violenté par sa gardienne, Stéphanie Frenette, a raconté mardi au palais de justice de Chicoutimi s'être lui-même retrouvé dans la mire des policiers qui enquêtaient sur les blessures subies par son enfant.

• À lire aussi: Un début de procès perturbé par la COVID-19

C'est ce que l'homme a raconté au jour 2 du procès de la femme accusée de voies de faits graves sur un bambin de 23 mois pour des faits qui remontent au 20 février 2017.

«Les autorités policières ont toujours dit que c'était soit moi, soit la gardienne», a raconté le père du garçon lorsque contre-interrogé par l'avocat de la défense.

L'homme a expliqué que les agents l'ont soupçonné parce qu'il était toujours avec l'enfant.

Le ton a monté au tribunal quand l'avocat de Stéphanie Frenette, Me Julien Boulianne, lui a affirmé que cette situation était comme un «meurtre et mystère» où il tentait de trouver des explications pour rejeter la faute sur la gardienne.

Le père a aussi admis avoir brassé son fils en 2016, avant les évènements reprochés à l'accusée.

«J'ai perdu patience parce qu'il tirait ses céréales par terre. À plusieurs reprises, pendant que je les ramassais, il éparpillait le tas. Je l'ai arrêté. Je l'ai pris par le bras et je l'ai tassé. Je lui ai dit, va jouer ailleurs. Ce n'était pas agressif. Il avait un bleu sur le bras. J'ai serré trop fort», a-t-il avoué.

L'homme dit avoir, par la suite, nié cet évènement pour éviter une confrontation avec sa conjointe.

Il est passé aux aveux sur cet incident en juin 2017 en le racontant à une intervenante de la DPJ. Le père en a aussi parlé lors d'un interrogatoire vidéo mené par la police en mai 2019.

Le témoin a mentionné qu'au moment où son fils était hospitalisé à Québec, les enquêteurs lui avaient dit que des gens le trouvaient louche à l'hôpital, car il avait «le réflexe de tenter de trouver des explications».

«Je cherchais la meilleure façon de divulguer la vérité», s'est-il justifié en cour mardi.

Le père est revenu sur le moment où les médecins l'ont informé que son bébé avait été secoué. «On a fondu en larmes devant le neurologue et le médecin de garde», a-t-il assuré.

Il a aussi expliqué qu'avant les évènements, il avait «une totale confiance dans la gardienne. Je ne pouvais m'attendre à retrouver mon enfant dans cet état-là. On se met à chercher comment ç'a pu se produire».

Pour ce contre-interrogatoire, le père a passé plus de trois heures dans la boîte des témoins. Il a souvent été confronté à l'une ou l'autre de ses quatre déclarations faites à la police ou à l'enquête préliminaire.

À plus d'une vingtaine de reprises, il a déclaré ne pas se souvenir des faits que lui demandait de relater l'avocat de la défense étant donné que les évènements remontaient à plus de trois ans.