/news/coronavirus

Quelques «irresponsables» pourraient pénaliser 75% du Québec

TVA Nouvelles

Si quatre nouvelle régions du Québec sont passées au stade de préalerte, c’est à cause d’une poignée de personnes qui ne respectent pas les règles sanitaires, dit le ministère de la Santé.

• À lire aussi: Quatre autres régions passent en «préalerte» jaune

Christian Dubé, ministre de la Santé, n’entendait pas à rire quand il a énuméré les situations qui ont aggravé la transmission de la COVID-19 à Montréal, en Montérégie, dans Chaudière-Appalaches et dans le Bas-Saint-Laurent.

En conférence de presse pour faire l’état de la situation sur le nouveau coronavirus au Québec, mardi, le ministre Dubé est allé jusqu’à montrer du doigt certaines personnes.

«Les partys privés, c’est notre plus gros problème. Quand les gens se mettent ensemble, après un bon verre de vin ou une bonne bière, la garde baisse, on se rapproche à moins de deux mètres, on n’a pas notre masque, et quelqu’un part du party pour aller contaminer 10 personnes», a déploré le représentant de la CAQ, avant de se prononcer sur des situations «inacceptables» à ses yeux.

AU RESTO EN MONTÉRÉGIE

Cas problématique:

Rassemblement de 17 personnes dans un restaurant, 31 cas associés. Dépistage de 330 clients inscrits au registre du restaurant.

Commentaire du ministre Dubé : «Imaginez-vous la charge de travail pour la Santé publique. Des gens ne veulent même pas répondre aux appels.»

Cas problématique:

Barbecue extérieur au Mont Saint-Bruno. Cinq cas associés.

Commentaire du ministre Dubé : «Aucune mesure de distanciation, pas de masque. Au moins cinq cas viennent de là, avant même de considérer la contagion. À mon sens, c’est inacceptable. Si les gens ne comprennent pas ce genre d’exemple, je m’excuse, il ne comprendront jamais.» 

UNE COIFFEUSE DANS CHAUDIÈRE-APPALACHES

Cas problématique:

Une coiffeuse contaminée a coiffé 15 personnes dans six milieux différents de RPA, de CHSLD et de résidences.

Commentaire du ministre Dubé : «On la surveillait depuis quelques jours déjà.»

AU TOUR DES RPA À MONTRÉAL

27 nouveaux cas dans des établissements de résidences privées pour aînés (RPA)

Commentaire du ministre Dubé : «On parlait des CHSLD avant. Les RPA, c’est notre prochain problème si on ne fait pas attention.

HAUSSE DES CAS DANS LE BAS-SAINT-LAURENT

Cas problématiques:

Fêtes privées, épluchettes de blé d’inde. Un peu plus de 30 cas dans les dernières 48 heures.

______________________________

En raison de ce qu’elle décrit comme des manquements au mesures sanitaires, la Santé publique craint non seulement une perte de contrôle de l’épidémie dans la province, mais aussi une détérioration d’une situation déjà très difficile dans les hôpitaux.

«En ce moment on a un réseau de la santé très fragile, a souligné le ministre de la Santé. On est obligés de faire des choix très difficiles et on a commencé à les faire, notamment dans la région de Québec, où on doit prendre du personnel qui donnait des soins et l’envoyer au dépistage.»  

Au cours du week-end, les unités de soins intensifs des établissements du Centre hospitalier universitaire de Québec-Université Laval affichaient presque complet et, pour une deuxième journée consécutive, la Capitale-Nationale rapportait 60 nouveaux cas dans son périmètre.

La prochaine étape     

Soucieux de ne pas mettre à risque le réseau québécois de la santé, le ministre Dubé a prévenu que certaines des huit régions au palier jaune sont désormais très près du palier orange, ce qui signifierait une réduction de la limite de personnes dans les rassemblements non organisés, du nombre de personnes dans les résidences privées, la fermeture des bars et des restrictions dans les restaurants. 

«Les gens se croient plus intelligents que les règles, ils se disent que s’ils rajoutent des McCroquettes à leur menu, ça va être parfait», a commenté Christian Dubé au sujet de la situation dans les bars.

Pour l’heure, le gouvernement du Québec va imposer un «contrôle plus serré de l’achalandage dans certains milieux», selon le ministre de la santé, avec «plus d’interventions policières, plus d’inspections et un dépistage plus ciblé.»

Le Dr Horacio Arruda a prié les Québécois de tout mettre en œuvre afin d’éviter que leur région passe au palier orange, même s’il reconnaît que cette éventualité paraît inévitable. 

«C’est certain que certaines régions seront en orange sous peu, a-t-il admis. Essayons de ne pas tomber dans l'orange foncé ou le rouge.» 

Certaines régions sont d’ailleurs «très proches» de changer de niveau d’alerte, a laissé entendre le ministre Dubé, sans nommer les régions plus problématiques. Une fois ce niveau atteint, Québec pourrait scinder des régions en sous-régions et mettre à jour son code de couleur plus fréquemment. 

Le niveau orange s’accompagne de restrictions supplémentaires. La fermeture des bars et le retour à une formule exclusivement de repas pour emporter sont envisagés par le gouvernement. 

À ce sujet, Québec a annoncé mardi l’interdiction de la vente de nourriture dans les bars après minuit. 

«De la petite bière»       

Afin d’illustrer le danger qui guette les Québécois, le Dr Arruda a indiqué qu’une deuxième vague risque de faire passer «pour de la petite bière» la première, au cours de laquelle la province recensait plus de 1000 cas confirmés par jour. 

«Quand il y a des épidémies, la première vague est habituellement beaucoup plus petite que la deuxième», a-t-il précisé. 

Or, l’application rigoureuse des mesures sanitaires pourrait encore freiner la propagation de l’épidémie. 

«Si tout le monde se laisser aller, on donne la possibilité au virus de se multiplier et il en profite.»