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Temps d’arrêt sur la cyberdépendance

Gabriel Beauchemin | Agence QMI

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Le livre «Cyberdépendance : Quand l’usage des technologies devient un problème» cherche à nourrir une réflexion quant à la place qu’occupent les technologies dans notre quotidien.

Le phénomène de la cyberdépendance n’est pas nouveau, mais la place toujours grandissante qu’occupent les écrans dans nos vies, accentuée dernièrement par le télétravail qui tend à s’installer durablement, nécessite qu’on y veille toujours d’un œil attentif, estime la Dre Marie-Anne Sergerie, psychologue clinicienne et auteure du livre.

«Quand on parle de cyberdépendance, on parle d’une utilisation des technologies qui va devenir problématique parce qu’excessive, répétée, et cette utilisation-là va amener différentes conséquences dans la vie de l’individu», explique la Dre Sergerie.

«Les types [de cyberdépendance] vont un peu dépendre des applications qu’on va utiliser, poursuit-elle. Ça peut être par exemple les jeux vidéo, les réseaux sociaux, ou encore les activités sexuelles en ligne ou la pornographie en ligne.»

Un élément en particulier peut constituer un signe avant-coureur d’une cyberdépendance : les difficultés ressenties lorsque ces technologies ne sont plus accessibles.

«L’important, c’est le sentiment de détresse que l’usage va entraîner à partir du moment où la personne ne peut pas avoir accès à la technologie, que ce soit sous forme d’irritabilité, de colère, de tristesse ou encore d’ennui, note l’auteure. Donc ça, c’est un indicateur qui nous dit que l’utilisation commence à être un problème, ou l’est déjà.»

Ressources

À travers son livre, la psychologue clinicienne cherche à répondre, de façon toujours très pédagogique, aux nombreuses questions soulevées par la cyberdépendance: «À quel moment l’usage des technologies devient-il un problème? De quelle façon se manifeste la cyberdépendance? Comment peut-on la prévenir? Quoi faire pour décrocher?»

Des questions toutes plus pertinentes les unes que les autres, mais dont les réponses demeurent bien personnelles, différentes d’une personne à l’autre, variant en fonction des utilisations que chacun fait des technologies.

Par exemple, il n’y a pas un nombre d’heures au-delà duquel l’utilisation de son cellulaire deviendrait nécessairement problématique, selon l’auteure.

«C’est difficile d’établir une balise au niveau du temps, soutient la Dre Marie-Anne Sergerie. Je pense que ce qui est important, c’est de comprendre la fonction du comportement, d’où l’importance de prendre le temps d’observer ce qui se passe, de réfléchir à quel besoin je tente de répondre. Et s’il y a des difficultés qui sont observées, c’est peut-être de trouver d’autres moyens de répondre ou de résoudre ces difficultés-là.»

Plusieurs ressources existent également pour qui chercherait à consulter un professionnel.

«Il existe certaines ressources à ce niveau-là, dans le public et dans le privé, dit la psychologue clinicienne. Quelqu’un qui souhaiterait aller chercher de l’aide pourrait contacter entre autres l’Ordre des psychologues du Québec qui a un service de référence, ça peut être un premier point de départ. Parfois, s’informer à certains centres de dépendances de sa région, ça peut être une possibilité aussi.»

Le livre «Cyberdépendance: Quand l’usage des technologies devient un problème» est disponible en librairie depuis le 3 septembre.