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Desjardins: un courtier aurait transmis des informations «fausses» aux enquêteurs

Jean-Michel Genois Gagnon | Le Journal de Montréal

Bloc Desjardins

Photo d'archives

Un des courtiers qui auraient échangé entre eux des données personnelles de clients de Desjardins aurait transmis des informations «fausses ou erronées aux enquêteurs lors de ses interrogatoires». 

Le 22 juillet, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a déposé une requête modifiée concernant le dossier de François Baillargeon-Bouchard au Tribunal administratif des marchés financiers. 

Le courtier en épargne a affirmé lors de ses interrogatoires n’avoir acquis des listes de données qu’en 2017. Or, «la preuve révèle qu’il a acquis des listes de prospection en 2018», peut-on lire dans le document public. 

L’AMF réclame notamment dans sa requête modifiée la suspension des certificats d’exercice du courtier de Québec et de lui interdire toute activité en vue d’effectuer une opération sur valeurs. 

François Baillargeon-Bouchard devait comparaître, hier, devant le Tribunal administratif des marchés financiers. L’avocat de l’intimé a demandé de reporter l’audience, jugeant qu’il n’avait pas eu accès à certaines preuves de l’AMF, ce qui a été refusé par la juge. Le dossier reviendra devant le tribunal, aujourd’hui. 

Les fameuses listes 

Rappelons que François Baillargeon-Bouchard est une personne d’intérêt dans le dossier du vol de plusieurs millions de données chez Desjardins. Il a notamment été rencontré par des enquêteurs de l’AMF et de la Chambre de la sécurité financière en octobre et en décembre 2019. 

Il aurait détenu des listes concernant des données personnelles de membres de la coopérative, notamment avec des noms, des numéros de téléphone, des adresses et des montants de prêt hypothécaire 

En 2017, le courtier aurait acheté six listes auprès de Jean-Loup Leullier Masse, une autre personne d’intérêt. François Baillargeon-Bouchard aurait aussi reçu une liste échantillon avant de réaliser la première transaction. 

Le courtier aurait déboursé 40 000 $ pour ces documents. Les données auraient été utilisées jusqu’en octobre 2019, soit quatre mois après l’annonce de la fuite de données par Desjardins qui a touché directement 4,4 millions de membres. 

«L’ensemble des faits obtenus à ce jour dans le cadre de l’enquête de l’Autorité, de même que les contradictions, les informations fausses et trompeuses et les nombreuses invraisemblances contenues dans les propos de Baillargeon Bouchard, affectent non seulement sa crédibilité, mais également sa probité à titre de représentant», avance l’AMF. 

– Avec Hugo Joncas, Bureau d’enquête