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Pas d'exemption malgré ses pneumonies à répétition

Dominique Scali | Journal de Montréal

Natacha Boudreault

Photo Pierre-Paul Poulin

Une fillette qui fait des pneumonies à répétition n’a pas droit à l’école à distance parce que sa dernière crise pulmonaire remonte à il y a plus d’un an, un critère «aberrant», dénonce sa mère.  

«Je n’en reviens pas. Même les enseignants sont sous le choc», s’indigne Natacha Boudreault, résidente de Saint-Jérôme. 

Sa fille Tara-Elle Blass, 9 ans, n’a pas pu recevoir le billet médical qui lui permettrait de suivre ses cours de façon virtuelle, car sa condition ne cadre pas parfaitement avec les critères du gouvernement. 

Elle est asthmatique au point qu’un simple rhume a tendance à se transformer en infection. Entre l’hiver 2016 et le printemps 2018, elle a souffert de pas moins de neuf pneumonies diagnostiquées, rapporte Mme Boudreault. 

La dernière pneumonie qu’elle a surmontée, en 2018, avait gravement dégénéré. «On a essayé cinq sortes d’antibiotiques, rien ne fonctionnait», se rappelle Mme Boudreault. 

La petite avait même fait un œdème pulmonaire cardiogénique, une complication qui l’a plongée en arrêt cardiaque, raconte-t-elle avec émotion. 

Confinement aidant 

À la suite de cet épisode, la famille a décidé de déménager d’un coin passant de Saint-Hubert à un rond-point à Saint-Jérôme, où la pollution et les risques d’inflammation sont moindres. Chaque jour, Tara-Elle prend un médicament contenant de la cortisone, énumère sa mère. 

«On a tout fait pour que ça aille mieux. Et justement, cette année, ça va mieux», dit Mme Boudreault, qui remarque que le confinement a grandement aidé. «Et là, on voudrait la retourner à l’école?» 

Tara-Elle avait déjà commencé à faire des travaux à distance en attendant de recevoir le billet de sa pédiatre et de pouvoir se joindre à l’école virtuelle. 

Natacha Boudreault

Photo Pierre-Paul Poulin

«Tout le monde était convaincu à 100% qu’elle serait exemptée», résume Mme Boudreault. 

Or, la réponse est tombée mardi: Tara-Elle pourrait être exemptée de se rendre en personne à l’école... si seulement sa dernière hospitalisation aux soins intensifs pour un œdème pulmonaire remontait à il y a moins d’un an, lui aurait expliqué la pédiatre. 

Il n’a toutefois pas été possible hier de parler à la médecin afin de confirmer ces informations. Quant aux ministères de la Santé et de l’Éducation, ils n’avaient pas répondu aux questions du Journal sur les critères d’exemption au moment de publier. 

De son côté, la Commission scolaire anglophone Sir-Wilfrid-Laurier explique qu’un billet du médecin est requis pour que l’exemption soit possible. 

«Illogique» 

Pour Mme Boudreault, le critère qui exclut Tara-Elle est «illogique». Elle souhaiterait d’ailleurs que le processus soit assoupli pour que l’avis des médecins puisse être pris en compte lorsqu’un enfant est à risque sans que sa condition n’entre dans le cadre. Ou, à tout le moins, que la Commission scolaire puisse faire une exception. 

«Je suis outrée. Je veux que ça se rende au premier ministre», insiste celle qui ne jette pas la pierre à la pédiatre ni à la commission scolaire, mais au système, qui crée des aberrations. 

Si rien ne change, la seule option qui resterait à Mme Boudreault serait de faire l’école à la maison. Or, cette mère de quatre jeunes enfants gère aussi sa propre entreprise d’événements virtuels. «Je ne peux pas être enseignante en plus.»