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Québec protégera des milliers de km2 d’aires marines

Charles Lecavalier | Le Journal de Québec

Le béluga du Saint-Laurent, en voie de disparition, bénéficiera des protections annoncées par le provincial. Mais la circulation maritime, qui nuit au mammifère marin, ne sera pas entravée.

Photo courtoisie du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins.

Le béluga du Saint-Laurent, en voie de disparition, bénéficiera des protections annoncées par le provincial. Mais la circulation maritime, qui nuit au mammifère marin, ne sera pas entravée.

Le gouvernement Legault protégera des milliers de kilomètres carrés de territoires marins situés dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent, a appris Le Journal

« Il ne sera plus possible sur ces étendues d’exploiter le fond marin, de faire de l’exploration ou de l’exploitation minière, gazière ou pétrolière par exemple », lance le ministre de l’Environnement Benoit Charette en entrevue avec notre Bureau parlementaire. Toutefois, ces aires protégées n’entraveront pas la circulation maritime.

Actuellement, près de 1,3 % de fond marin du Québec est protégé. Avec ce coup d’épaule, le Québec va « se rapprocher dangereusement » de la cible de 10 % de son territoire marin protégé, un engagement international qu’il a pris en 2010. Avec les 13 000 km2 de territoire qui tomberont sous protection de l’État, la proportion du milieu marin protégé va s’établir à 9,1 %.

Protection administrative

Ces aires marines ne sortent pas de nulle part : il s’agit de projets existants, mais après une consultation qui aura lieu dans les prochaines semaines, ils obtiendront une protection administrative. « Ça confère une protection réelle le temps que le long processus se fasse », a indiqué Benoit Charette.

Des secteurs importants de l’estuaire du fleuve, entre Montmagny et la Haute-Côte-Nord ainsi qu’au large de Matane seront protégés. L’objectif est de « protéger des espèces de mammifères marins en péril, des poissons en situation précaire et leurs habitats et des espèces fourragères qui sont des proies des mammifères marins et le krill dont se nourrissent les rorquals ». Par exemple : le béluga.

Dans le golfe, l’île d’Anticosti sera ceinturée en partie d’aires marines pour renforcer la biodiversité des coraux et des éponges d’eau froide. 

100 000 km2 d’aires protégés

M. Charette n’a toutefois pas fini son boulot : il doit encore protéger plus de 100 000 km2 de territoire terrestre d’ici trois mois et demi, et il compte y parvenir. « Les précédents gouvernements ne l’ont pas fait, mais nous, on va le faire. On stagne à 10 % depuis longtemps, mais on va arriver à notre cible de 17 % », a-t-il indiqué. 

Plusieurs groupes environnementaux craignent que ces aires se situent toutefois au nord du Québec, loin de la population, en raison des pressions du ministère des Forêts qui ne veut pas perdre ses territoires de coupe. M. Charette a rétorqué qu’il a l’intention de protéger des zones au sud, et qu’il a une enveloppe de 50 M$ pour faire l’acquisition de terres privées à protéger. Il promet des annonces dans les prochaines semaines.