/news/law

Tuée à coups de queue de billard puis jetée aux ordures

Michael Nguyen | Le Journal de Montréal

Simon Brind’Amour est accusé du meurtre au deuxième degré de sa conjointe Josiane Arguin.

Photo d'archives, Axel Marchand-Lamothe

Simon Brind’Amour est accusé du meurtre au deuxième degré de sa conjointe Josiane Arguin.

Un Montréalais accusé d’avoir tué sa conjointe à coups de queue de billard avant de jeter la dépouille aux ordures aurait ensuite feint pendant des semaines que la femme avait disparu, allant même jusqu’à faire semblant d’effectuer des recherches pour la retrouver.

• À lire aussi: Le conjoint de Josiane Arguin accusé de meurtre

• À lire aussi: Le corps de Josiane Arguin aurait été jeté aux poubelles

«Deux semaines à la suite du meurtre, il s’est présenté au poste de police pour déclarer la victime disparue, ajoutant qu’elle était partie avec une partie de l’argent du couple», a expliqué la procureure de la Couronne Katerine Brabant, à l’ouverture du procès de Simon Brind’Amour ce mercredi au palais de justice de Montréal.

Brind’Amour, 38 ans, est accusé du meurtre de sa conjointe Josiane Arguin, survenu à Montréal le 1er septembre 2018.

Selon la preuve que compte présenter la Couronne, l’accusé et la victime étaient en couple depuis un an et vivaient dans une maison de Parc-Extension. La relation était ponctuée de hauts et de bas et des disputes éclataient en raison de l’argent, mais aussi de « problèmes de consommation ».

«Selon ce qu’a dit l’accusé, quelques secondes avant [le meurtre], Mme Arguin sortait vers la cour arrière en criant qu’elle était une femme battue, a expliqué Me Brabant. Si on croit l’accusé, ce sont ses dernières paroles.»

Fausse disparition

Après avoir tué Mme Arguin, Brind’Amour aurait ensuite nettoyé le corps, qu’il aurait gardé chez lui pendant quelques jours, pour ensuite le mettre dans un sac de hockey, et de le jeter dans un conteneur à déchet.

«À ce jour, les policiers n’ont pas été capables de trouver la dépouille», a expliqué la Couronne dans son exposé d’ouverture du procès.

Brind’Amour aurait ensuite attendu plus d’une semaine afin de déclarer sa conjointe disparue, faisant même une déclaration à la police. Par la suite, il aurait fait semblant d’effectuer des recherches, entre autres avec le frère de la victime.

«Il a posé des affiches laissant croire qu’il cherchait à la retrouver», a affirmé Me Brabant, qui agit dans le dossier avec son collègue Me Louis Bouthillier.

Aveux

Brind’Amour aurait toutefois craqué, et aurait fait des aveux à son ex-conjointe. Cette dernière a alors alerté les policiers, qui ont procédé à l’arrestation du suspect.

«Après sept heures d’interrogatoire, il va finalement passer aux aveux», a expliqué la Couronne en ajoutant que toute la séance, enregistrée, sera présentée aux jurés.

Malgré cela, Brind’Amour a plaidé non-coupable aux accusations de meurtre non prémédité ainsi que d’outrage à un cadavre qui pèsent contre lui.

À ce stade-ci, il n’a pas annoncé s’il présenterait une défense, mais il ne serait pas étonnant que ça soit le cas. La juge Hélène Di Salvo a d’ailleurs rappelé aux jurés que jusqu’au verdict final, l’accusé bénéficiait de la présomption d’innocence. L’exposé d’ouverture de la Couronne ne constitue pas de la preuve, a-t-elle ajouté, mais plutôt un aperçu de ce que vont expliquer les témoins qui se présenteront à la barre pour la Couronne. Ce n’est qu’après cette étape de franchie que la défense annoncera si elle compte présenter elle aussi une preuve.

Brind’Amour est représenté par les avocats Maxime Raymond et David Robert Temim.