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COVID-19: Le bar Kirouac rouvre ses portes sous la loupe de la santé publique

Catherine Bouchard | Journal de Québec

Le bar Le Kirouac, qui est lié à plus de 80 cas de contamination à la COVID-19, a repris ses activités jeudi sous haute surveillance, après avoir été fermé pendant plus de 20 jours.

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Peu après l’ouverture, à 10 h, le propriétaire, Lucien Simard, a reçu ses premiers clients ainsi que la visite de la police, de la Santé publique et de la CNESST.

Les autorités ont gardé l’homme occupé une bonne heure, afin de s’assurer du respect des consignes sanitaires, de la conformité de l’endroit et le conseiller sur plusieurs démarches à suivre.

Lucien Simard, propriétaire du bar Le Kirouac, à Québec, était très émotif à la réouverture de son commerce, jeudi. L’homme a reçu la visite de la police, de la Santé publique et de la CNESST.

Après leur départ, le propriétaire, extrêmement émotif, a admis être excédé.

« J’avais prévu le coup, je savais qu’ils viendraient. Mais les trois en même temps, c’est quelque chose », laisse-t-il tomber, s’efforçant de rester souriant. 

Le propriétaire du bar Le Kirouac, Lucien Simard

Photo Catherine Bouchard

Le propriétaire du bar Le Kirouac, Lucien Simard

 

« Le mouton noir » 

Le bar Le Kirouac a fait parler de lui à la grandeur du pays, à la suite de la soirée de karaoké en août qui a entraîné plus de 80 cas de contamination. M. Simard craint que les autorités s’acharnent sur son commerce, alors qu’il a multiplié les efforts pour respecter les mesures sanitaires et s’assurer que ses clients se fassent dépister.

« Je suis le bar le plus populaire, mais pas pour les bonnes raisons. C’est certain que j’ai peur, je suis le mouton noir », se désole-t-il.

Il soutient avoir été durement affecté par la situation, d’autant plus que plusieurs de ses clients — également des amis — sont tombés malades.

Mesures contraignantes 

Le bar doit composer avec des mesures sanitaires contraignantes, comme un registre de la clientèle, la désinfection du crayon entre chaque client qui remplit le registre, l’assainissement des poignées de porte et une preuve écrite de celles-ci, accompagnée des heures auxquelles le tout a été fait.

« Ils m’ont mis en beau maudit. Toutes les règles qu’ils m’imposent », confie M. Simard.

Le commerçant estime qu’être tenancier de bar est une vocation. S’il dit être prêt à tout faire pour continuer, il admet toutefois être en réflexion. 

« Je commence à aimer moins ça pas mal, lance-t-il, contenant ses émotions du mieux qu’il le peut. Avec toutes les conditions qu’on m’impose, je me demande si je ne ferais pas mieux de fermer et attendre tout simplement que ça passe. »

Le propriétaire du Kirouac affirme ne pas être fâché contre ceux qui ont amené la COVID-19 dans son bar.

« Le savaient-ils qu’ils étaient malades ? C’est tellement imprévisible. C’est impossible pour moi de dire qui c’est exactement », fait valoir M. Simard, assurant qu’il a toujours respecté les mesures sanitaires.

Il ajoute que la majorité de ceux qui ont été contaminés, dont un de ses employés, ont tous retrouvé la santé.

« Sauf une dame. Aux dernières nouvelles, elle a été mise dans un coma pour huit semaines. Elle a 70 % de chances de survivre présentement. C’est très difficile et c’est ce qui m’a fait refermer le bar », indique le commerçant.

 

La situation est la même depuis 24 heures dans les bars de Québec. Dans Limoilou, La Souche dénombre 19 personnes infectées, alors que Le Kirouac dénombre 72 cas directs. Le Pub X de Sainte-Foy, qui s’est récemment ajouté à la liste, déplore à ce jour neuf cas. 

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