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Le système engorgé par des dépistages non prioritaires

Nora T. Lamontagne | Journal de Montréal

Devriez-vous passer un test de dépistage «au cas où», quelques jours avant une réunion de famille ou un mariage ? Des experts le déconseillent pour ne pas engorger le système. 

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«On souhaite vraiment que [le dépistage] soit pour les gens symptomatiques, associés à un cas ou qui ont été dans un événement qui a eu un cas», a insisté la Dre Mylène Drouin, directrice régionale de santé publique de Montréal, en conférence de presse mardi.

Qui plus est, un test négatif n’est pas une garantie de ne pas être infecté, rappelle le Dr Raymond Tellier, microbiologiste au Centre universitaire de santé McGill.

La période d’incubation de la COVID-19 étant de 7 à 14 jours, une personne exposée au virus la veille d’un test de dépistage pourrait obtenir un résultat négatif tout en devenant contagieuse par la suite, explique-t-il, d’où l’importance de ne pas écourter sa quarantaine. 

Ce rappel survient alors que le Québec a fait jusqu’à 26 252 prélèvements en une journée cette semaine, ce qui dépasse la capacité maximale du réseau, soit environ 20 000 tests quotidiens selon l’Institut national de santé publique du Québec. 

Des heures d’attente  

Cette hausse généralisée du nombre d’échantillons prélevés se traduit par des heures d’attente pour se faire dépister un peu partout au Québec, comme à Longueuil, où des gens sont arrivés cinq heures avant l’ouverture de la clinique de dépistage sans rendez-vous mercredi et jeudi. 

«Dans certaines régions, il y a vraiment un problème d’accessibilité aux tests», dit la Dre Marie-Pascale Pomey, chercheuse au Centre de recherche du CHUM.

Les effets se font aussi ressentir chez ceux qui analysent les prélèvements.

«Au laboratoire, on est submergés par le nombre d’échantillons. On est assez proches de saturer notre capacité de tests», a prévenu le Dr Raymond Tellier. 

De plus, le gouvernement peine à respecter des délais de 24 à 48 heures avant de communiquer les résultats de dépistage. 

Mieux d’être prudent  

Mercredi, Le Journal a interrogé une quinzaine de personnes qui attendaient pour se faire dépister au CLSC de Parc-Extension. 

De ce nombre, un père et son fils y étaient parce qu’un cas s’était déclaré à l’école du garçon, bien que la santé publique ne leur ait pas recommandé de passer un test. 

«C’est mieux d’être prudent», jugeait le père. 

Une autre jeune femme voulait s’assurer de ne pas être asymptomatique, même si elle n’avait pas été en contact avec quiconque ayant reçu un test positif.