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Leurs plans pour la retraite contaminés par la COVID-19

Emmanuelle Gril | Journal de Montréal

Senior people having financial problems - flat design style illustration

Illustration Adobe Stock

Préretraité, Jean-Marc, 70 ans, travaille à temps partiel comme commis dans une quincaillerie. Ce revenu d’appoint conjugué à ses rentes de retraite et à celles de sa conjointe, Luce, 73 ans, permettent au couple de finir de rembourser son hypothèque et ses dettes. Mais la COVID-19 a compromis leurs finances.

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À cause de la pandémie et en raison de son âge, Jean-Marc a dû cesser de travailler. Il a pu toucher la PCU, mais celle-ci étant imposable, il devra payer l’an prochain 3800 $ d’impôt sur les 14 000 $ perçus. Une somme qui n’a malheureusement pas pu être mise de côté.

Qui plus est, à la suite d’une chute, Luce a beaucoup perdu de sa mobilité et sa convalescence se prolonge. Cette situation les pousse à s’interroger sur leur capacité à demeurer dans leur maison sur laquelle pèse encore une hypothèque de 18 000 $, issue d’une ancienne consolidation de dettes.

Leur stratégie compromise

Jusqu’ici, leur plan pour vivre une préretraite paisible semblait pourtant bien fonctionner. Avec le revenu d’appoint de Jean-Marc, ils pouvaient rembourser en accéléré le solde de l’hypothèque à raison de 860 $ par mois. À ce rythme, l’hypothèque devait être liquidée en deux ans, et ils auraient aussi pu se débarrasser d’autres petites dettes accumulées sur des cartes et marges de crédit (3000 $).

Or, avec les derniers événements, leur scénario ne tient plus. Devraient-ils vendre leur maison et s’installer dans un centre d’hébergement pour aînés ? Cette piste a été évoquée, mais Luce n’y est guère favorable tant que la COVID-19 fait encore des victimes. L’autre option serait de vendre, mais d’acheter ou de louer un appartement.

Pour les aider à trouver la meilleure solution dans leur cas, leurs enfants ont décidé de contacter la ligne Info-Finances mise sur pied par la firme Jean Fortin et Associés pour aider les gens aux prises avec des difficultés financières en raison de la crise.

La première étape a été de faire un budget. « Avec un revenu net de 3100 $ en rentes et pensions, le couple n’a que peu de marge de manœuvre. Le salaire d’appoint de Jean-Marc était essentiel pour s’en tenir à leur plan initial. Quand la PCU cessera, ils seront incapables de faire face à toutes leurs dépenses », explique Pierre Fortin, syndic autorisé en insolvabilité et président de Jean Fortin et Associés. 

Vendre, mais pour aller où ?

Au départ, le couple souhaitait se débarrasser rapidement de l’hypothèque, mais si le solde est amorti sur 10 ans au lieu de 22 mois, le paiement mensuel passe de 860 $ à 170 $. En revanche, en prolongeant le remboursement de huit ans, plus les frais d’entretien de la maison et la facture fiscale de 3800 $, Jean-Marc devra retourner travailler. Cela l’inquiète compte tenu de l’état de santé de sa conjointe sur qui il veut veiller.

L’option qui a été retenue est de vendre la propriété. De cette façon, ils pourront rembourser leur prêt hypothécaire et leurs autres dettes, tout en disposant de l’argent nécessaire pour payer les impôts l’an prochain. En prime, il leur restera un montant évalué à 250 000 $ sur le fruit de la vente qu’ils pourront placer judicieusement avec l’aide d’un conseiller en services financiers.

Devraient-ils acheter un condo ou louer un appartement ? Puisqu’ils désirent s’installer dans une résidence pour aînés une fois la COVID-19 derrière nous, le meilleur choix est de demeurer locataire en attendant. Leur budget leur permet un loyer de 1200 $ par mois environ, grâce auquel ils pourront trouver un logement confortable. Jean-Marc n’aura pas à retourner travailler et pourra veiller sur sa conjointe sans avoir à piger dans le capital généré par la vente de leur maison.

Conseils  

  • La base de toute analyse d’une situation financière est le budget. Sans lui, il est impossible d’évaluer et de comparer les différentes options. 
  • Un budget devrait toujours se faire à l’aide d’un outil budgétaire. On en trouve plusieurs en ligne. Les calculs se font automatiquement, ce qui évite les erreurs, et la liste de postes budgétaires proposée permet de ne pas en oublier.  
  • L’objectif est d’adapter nos dépenses à nos revenus, et non l’inverse. Aller chercher un revenu à tout prix pour combler nos besoins peut mettre à risque notre santé physique, surtout après un certain âge, mais aussi notre santé mentale et notre équilibre de vie personnel.