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Des hôtels lancent un S.O.S.

Elisa Cloutier | Journal de Québec

Quebec

Photo Stevens LeBlanc

Mises à pied, annulations, taux d’occupation extrêmement bas, la pandémie frappe de plein fouet l’industrie hôtelière de Québec, si bien que certains établissements pourraient être forcés de mettre la clé sous la porte au cours des prochaines semaines.

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Selon nos informations, des fermetures définitives ou temporaires sont actuellement envisagées par certains hôteliers de Québec.

À l’hôtel Clarendon, qui se relevait à peine d’un important incendie lorsque la pandémie a forcé sa fermeture, en mars dernier, on appréhende le pire.

«On s’endette, tout ce qu’il y a, ce sont des dettes. Et je pense que nous ne sommes pas encore dans le pire», affirme le copropriétaire, Michel Côté, qui a dû mettre à pied trois personnes à contrecœur la semaine dernière.

Même s’il n’envisage pas de fermeture pour le moment, il se dit «pessimiste» pour la suite des choses. «Il y en a qui vont tomber, je suis persuadé», se désole-t-il.

Tous les hôteliers interrogés par Le Journal ont admis être «complètement découragés» par de possibles fermetures, sans toutefois vouloir nommer quelque établissement que ce soit. Mais ils s’entendent pour dire que ce sera malheureusement une issue inévitable pour certains.

Une affirmation qui préoccupe la directrice générale du nouvel établissement Monsieur Jean, près de l’hôtel de ville.

«Si des hôtels ferment, dans deux ans, les touristes ne nous choisiront plus puisque nous n’aurons plus assez de capacité pour les accueillir. Ce sera dramatique», estime pour sa part Catherine Chéruet.

Inquiète de la hausse de cas  

Mme Chéruet est par ailleurs très inquiète de la flambée des cas dans la région, qui risque d’entraîner de nouvelles mesures de confinement.

«Mes réservations ont fondu cette semaine, elles sont presque coupées de moitié. [...] Après l’Action de grâce, on prie. Je n’ai presque rien au livre », déplore-t-elle.

Le son de cloche est le même à l’Auberge Saint-Antoine.

«Nous sommes tous liés les uns aux autres. Que l’on soit pour ou contre le port du masque, que l’on croit ou non à la maladie, il y a quand même un gros bon sens à avoir. Les mesures qu’on nous demande d’appliquer sont relativement faciles à mettre en place», mentionne le directeur général, Guy Lombard, implorant le respect des règles de la part de la population.

Qui plus est, le mois de septembre, habituellement «excellent» pour l’industrie est une véritable «catastrophe» cette année, selon ce que rapportent les hôteliers au Journal.

L’absence de croisiéristes, du marché d’affaires et des touristes internationaux porte un dur coup à leurs établissements, alors que plusieurs propriétaires affirment exploiter leur établissement «à perte» depuis plusieurs mois déjà.

Selon l’Association hôtelière de la région de Québec, le taux d’occupation moyen pour 2020 se situe actuellement à 19,2 %, alors qu’il se chiffre habituellement à 65 % à cette période de l’année.

«On est honnêtement plus affectés que ce que l’on croyait», affirme de son côté Aude Lafrance-Girard, directrice générale du Château Laurier.

Licenciement collectif  

Après le Château Frontenac, le Château Bonne Entente, le Château Laurier, Entourage Sur-le-Lac et le Clarendon, pour ne nommer que ceux-là, c’était au tour du Delta de mettre à pied 139 employés cette semaine.

Selon Emploi-Québec, le licenciement collectif temporaire a eu lieu le 21 août dernier. Ces mises à pied touchent tous les corps de métier.  

Taux d'occupation dans les hôtels de la région de Québec  

Mai   

  • 2018 : 73 %  
  • 2019 : 69,3 %  
  • 2020 : 1,3 %   

Juin   

  • 2018 : 64 %  
  • 2019 : 72 %  
  • 2020 : 2,7 %   

Juillet   

  • 2018 : 92 %  
  • 2019 : 84 %  
  • 2020 : 23,6 %   

▶ Le 15 avril, l’industrie hôtelière de la région de Québec avait perdu plus de 300 M$ en annulations.

▶ 1500 employés sont actifs dans l’hôtellerie, comparativement à 6350 en mars dernier.  

Source : Association hôtelière de la région de Québec